Par S. B. et Dalil S. | 22 Mai 2013 | 4134 lecture(s)

La maladie d’Aït Ahmed au grand jour ?

Aït Ahmed ne serait-il donc pas rentré à Alger, samedi, comme le confirmait une voix du parti ? En effet, tandis que la même source qui le donnait attendu à Alger le 18 du mois en cours, en prévision du congrès de son parti, avait bel et bien confirmé, après coup, qu’il était bien arrivé à Alger à cette date là, d’autres sources, du reste confirmées par la voix très officielle de Ali Laskri, soutiennent qu’il n’en est rien de cette information. L’autre camp, comme pour dire « sa bonne foi », a même dû révéler les détails du voyage, lequel se serait passé « dans une totale discrétion». On a confié, effectivement, que « Aït Ahmed, a fait le déplacement par vol spécial, à bord d’un petit avion qui a atterri à l’aéroport de Boufarik, en milieu de l’après-midi du Samedi ». Mais il a dû reprendre l’avion, « pour le Maroc » après qu’il eut pris connaissance de certains bruits persistants au sujet des frondeurs du parti qui prépareraient une action spectaculaire autour du congrès pour lui dire à la face leur désaveu de ce qu’est advenu du FFS… Et puis, il y a ces deux versions qui ne s’accordent pas non plus à l’intérieur du parti pour expliquer, d’une même voix, cette défection qu’on n’a divulgué qu’à l’ultime minute. Du moins officiellement. En effet, pendant que des voix ébruitaient une « maladie sérieuse » d’Aït Ahmed depuis un certain temps déjà, Ali Laskri, lui, a parlé, hier, de fatigue et de conseils de médecins à observer un repos total pour se remettre des malheureux évènements des décès de deux de ses proches. Une explication, en somme peu convaincante, mais qui a le « mérite » de confirmer, à demi-mot, l’incapacité d’Aït Ahmed à assister au congrès. Une incapacité toutefois à prendre très au sérieux, car, à moins d’une réticence personnelle, ce n’est pas un coup de « fatigue » qui empêcherait Aït Ahmed d’assister à un rendez-vous aussi capital qu’est le congrès de son parti…  Un fait qui offre plus de crédit à cette information qui le donnait souffrant, déjà bien avant la période de la purge qui a vu les Zenati, Tabou… être débarqués du parti. Sauf que les tenants de la décision auraient sciemment entretenu le secret jusqu’à la veille du grand rendez-vous, où il fallait bien expliquer une absence pas du tout évidente ! Et il y a aussi cette absence relevée des Chérifi et autre Bahloul, qui, dit-on, ont eu à accompagner Aït Ahmed lors du prétendu retour de samedi dernier, désormais démenti par la voix officielle du parti, lors des travaux des commissions qui débattaient, en début de semaine, des nouveaux statuts à soumettre au congrès. Des avisés sur ce qui se trame autour du congrès n’hésitent pas à faire un lien avec l’autre absence, enregistrée ces dernier jours dans le cercle des ténors du parti, à savoir celle d’Ahmed Djeddaï qui a effectué, lui aussi, un déplacement à l’étranger à la veille du congrès. Alors de deux choses l’une : Ces cadres sont-ils allés consulter Aït Ahmed en prévision du congrès ? Dans ce cas là, la direction d’Alger devait bien savoir qu’Aït Ahmed ne pouvait pas faire le déplacement depuis au moins plusieurs jours. Alors pourquoi ne pas en avoir parlé aux militants qui avaient le droit de savoir ? Quoi qu’il en soit, il semble bien que tout n’a pas été dit à propos de cette absence, qui visiblement aura plus de retentissement que le congrès en lui-même.

Son absence risque d’accentuer les clivages

Pendant ce temps, la succession au sein du parti, à la veille du congrès, reste l’enjeu majeur. Selon une source proche du parti, Aït Ahmed ne manquerait pas, à travers un message qui sera lu à l’ouverture des travaux, demain, d’apporter son soutien à l’actuelle direction du parti. Une direction qui a, surtout, limité les dégâts d’une profonde crise de confiance née à la veille des dernières élections législatives. Alors que personne ne s’attendait à une redistribution des cartes, le premier secrétaire national du parti, Ali Laskri, a quand même le mérite d’avoir pu maintenir le gouvernail du bateau FFS qui était en proie à un naufrage. Dans la course au présidium qui sera mis en place, notre source cite plusieurs noms de prétendants, même si au final, il semblerait que seuls cinq seront retenus. On parle d’Ali Laskri, Mohand Amokrane Chérifi, Khaled Tazaghart, Karim Bahloul, Rachid Halet, Salima Ghezali et Ahmed Djeddaï. « À ma connaissance, Aït Ahmed voudrait bien que l’une des personnes aux manettes lors des moments critiques qu’a connus le FFS, autrement dit les responsables actuels du parti, soit plébiscitée pour rester aux commandes », nous confie notre source, en précisant, au passage, que « les anciens du parti » pèseraient de tout leur poids pour avoir les mêmes faveurs. En clair, il s’agirait d’une deuxième liste, conduite par l’ancien premier secrétaire national du FFS, Ahmed Djeddaï. Celui-ci, poursuit notre interlocuteur, ne cache pas ses ambitions d’avoir plus de poids dans le futur cercle de décision, d’autant plus qu’il jouissait d’une aura auprès de la base militante. Reste à savoir maintenant si Aït Ahmed se mêle toujours de la chose politique du parti, lui qui a dit officiellement se consacrer désormais à sa future fondation. À la lumière de toutes ces données, les débats au cours du 5ème congrès du FFS risquent de s’avérer houleux.  En effet, le retrait et l’absence confirmée d’Aït Ahmed pourrait donner lieu à une véritable guerre « de clans » au sein de la maison FFS, avec à la clef une confrontation de deux lignes politiques diamétralement opposées. D’un côté, les « anciens » qui prônent le retour aux « fondamentaux », et de l’autre, les responsables actuels du parti auxquels il est reproché d’avoir passé un « deal » avec  le pouvoir. En tous cas, le dernier mot sur le présidium reviendrait aux 1 200 délégués qui prendront part au congrès du FFS, dont les travaux s’ouvriront donc demain. Une source au fait des préparatifs du congrès révèle que la wilaya de Béjaïa vient en pôle position en termes de nombre de congressistes avec 148 délégués. 

S. B. et Dalil S.

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