Par DDK | 2 Janvier 2006 | 880 lecture(s)

Ali Hadjaz et Karim Mostafan lauréats

De notre envoyé spécial, Aomar Mohellebi

Amine Zaoui, écrivain et directeur de la Bibliothèque nationale à aussi mis du sien puisqu’avant d’annoncer le nom de chaque lauréat, il tenait d’abord en haleine l’assistance. Ce sont Ali Hadjaz et Karim Mostafan qui ont obtenu l’Olivier d’or. M. Mokrane Aït Saâda et Norredine Bekaï ont eu l’Olivier d’argent. Quand Amine Zaoui prononça le nom du réalisateur Ali Hadjaz, ce dernier connu pour sa spontanéité, laissera sa joie s’exprimer en gesticulant dans tous les sens au milieu d’un tonnerre d’applaudissements. Si El Hachemi Assad prend le micro pour dire : “Laissez-le exprimer son émotion”. Les applaudissements reprennent de plus belle. Contrairement à Ali, Farid Hadjaz, le personnage principal du film “Qu’as-tu fait de tes vingt ans ?” avance timidement dans la salle pour monter sur la tribune. Avaient déjà pris place sur cette dernière, les membres du jury, dont Saïd Zamoum, Slimane Benaïssa, Amine Zaoui, Med Abdelkrim, Aït Oumeziane, Sid Ali Mazif et Mohamed Bensalah. En arrivant sur scène, Ali Hadjaz se saisit du micro pour remercier le public. Il semblait surpris par cette consécration. “Je suis très content que les membres du jury aient compris le message que j’ai voulu transmettre à travers mon documentaire. Je voulais dire que que la fuite est un instinct animal. L’homme doit résister à toutes les situations”. Le film documentaire d’Ali Hadjaz décrit globalement la vie des jeunes dans un village kabyle qui s’appelle Takham l’djir, dans la localité de Boudjima (wilaya de Tizi Ouzou). Le fil d’Ariane du reportage est Farid, un jeune âgé de 25 ans, qui quitte l’école prématurément pour s’adonner à sa passion qui est aussi un dur métier : casseur de pierre. Farid résiste dans son village à la rudesse de la vie. Puis, un jour, son génie se réveille. Il invente une machine. Le jury a su apprécier le parcours de Farid et le travail de Ali Hadjaz qui a immortalisé ces moments de dur labeur et d’abondantes sueurs.Le deuxième réalisateur, ayant obtenu l’Olivier d’or, Karim Mostafan, avait malheureusement dû quitter le festival prématurément et n’a donc pas pu prendre part à la cérémonie. Mokrane Aït Saâda, réalisateur de “Jugurtha” (Olivier d’argent), n’a pas pris part à ce festival à cause de sa maladie. C’est la 3e fois qu’il est primé au Festival amazigh. Il a été représenté par son producteur Youcef Goucem lors de la remise du trophée. Nourredine Bekaï, auteur du documentaire “Le Puits” en mozabite a été le plus applaudi sans doute, puisque c’est un enfant de la région. Les moments de la remise des trophées étaient aussi prégnants que ceux de l’annonce des lauréats. Ce qui poussera Slimane Benaïssa à rappeler que c’est la première fois que les Kabyles et les Mozabites font la fête ensemble. Cette affirmation provoque d’autres ovations. Les réalisateurs qui n’ont pas été primés, se sont empressés pour féliciter les lauréats dont le premier prix Ali Hadjaz, très touché par tant d’esprit sportif. Le réalisateur Karim Saïd El Hadj déclarera d’ailleurs à Mouloud de la Chaîne II : “Nous sommes venus pour travailler pour notre langue amazighe. Quel que soit le réalisateur primé, nous œuvrerons tous pour le même objectif, la promotion de l’amazighité”. La soirée organisée à cette occasion a été très agréable. Le public a eu droit à des présentations de chansons kabyles, mozabites, a une danse tango, à des morceaux de caméra cachée... La soirée a été animée par le duo de choc Slimane Belharet et Belaïd Tagrawla.

A. M.

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