Par DDK | 31 Juillet 2005 | 584 lecture(s)

Discours fleuve sur les réformes et la mondialisation

Invité de l’UGEL, qui tient elle aussi son université d’été à Boumerdès, l’ancien chef de gouvernement, Mouloud Hamrouche, a développé hier en milieu de journée son point de vue sur les réformes à l’ombre de la mondialisation.La mondialisation ou globalisation pour reprendre l’expression anglosaxonne est un nouveau terme pour un ancien concept, a-t-il expliqué d’emblée. Mais durant ces 20 dernières années, une nouvelle dynamique de rapprochement des nations s’est instaurée, avec le développement des moyens d’information et de communication. Conséquence : suppression des frontières et assouplissement des déplacements d’individus et de transport de marchandises. L’orateur fera cependant remarquer aussitôt que de nombreux pays n’ont pu s’adapter à ce nouvel ordre mondial.A l’exception des USA, de l’Europe de l’ouest et certains pays asiatiques, une foule d’autres nations, parmi elles l’Algérie, n’ont pu concrétiser leur rêve de bâtir un Etat fort. Il donnera comme exemple ce bloc de 114 ou 119 pays du tiers-monde souvent contrecarré par une seule voix au Conseil de sécurité en faisant allusion à certains Etats puissants détenant le droit de veto.“L’aspiration vers un nouvel ordre mondial juste et équitable est de fait entravée par la nouvelle politique de mondialisation qui jusque-là n’a engendré qu’un déséquilibre au sein des nations”, a-t-il expliqué.Usant d’un langage académique, Mouloud Hamrouche ajoutera que “la mondialisation ne s’impose pas. Et elle peut avoir des conséquences positives ou a contrario des effets pervers sur les populations.”Tout repose en fait, selon lui, sur les capacités des citoyens d’un pays à s’adapter aux situations nouvelles en développant une saine réflexion sur les objectifs à atteindre. Et dans cette optique, il précisera que les réformes ne peuvent réussir que dans une société accordant une place à l’éducation, à la formation, aux libertés individuelles et collectives et surtout à l’organisation sociale.La politique de mondialisation s’appuie, en gros, selon l’orateur sur la fonction de trois facteurs : les Etats représentés par leur gouvernement respectif, les multinationales et l’opinion publique internationale canalisée par les ONG qui essayent de forger une conscience universelle.Si les multinationales - qualifiées également de détentrices de capitaux - ne se soucient guère actuellement que de la rente puisqu’elles exploitent les ressources naturelles, y compris celles non renouvelables, il incombe aux ONG, toujours, selon l’orateur, de défendre les droits sociaux des citoyens. “Et c’est grâce à l’action de ces organisations, non gouvernementales que les systèmes politiques occidentaux sont devenus plus simples”, a-t-il encore analysé. Abordant la situation de l’Algérie, il dira enfin que les réformes engagées, il y a une quinzaine d’années, sont actuellement dépassées. Et si l’on investi 1 dollar il faut en récolter 10 ou 15 fois plus, ajoutera-t-il en parlant de la relance économique qui vient d’être programmée. Il affichera cependant son opposition à l’adhésion de l’Algérie à l’OMC, dans les circonstances actuelles. Nos importations sont à hauteur de 65% et nous n’avons pratiquement rien à vendre, a-t-il argué.

S. H.

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