Par DDK | 1 Novembre 2005 | 217 lecture(s)
Gaspillage
Les Algériens, comme beaucoup de peuples méditerranéens, sont des consommateurs de pain. Ce sont même de gros consommateurs puisque tous les plats préparés, à l'exception du couscous, se mangent avec du pain. Il faut dire que c'est un aliment symbolique, qui a représenté dans le passé la nourriture par excellence. Aujourd'hui encore le langage quotidien garde la trace de cette influence, puisque gagner sa vie se dit encore "gagner son pain", et assurer la subsistance se dit "assurer le pain". Mais si autrefois on respectait cette denrée, fruit du travail et de la peine des hommes, on a tendance aujourd'hui à la gaspiller. On n'a qu'à voir, au bord des cités, les grands sacs de croûtons, voire de pains entiers, appuyés contre les murs, dans l'attente des bennes de la voirie ou des fabricants de nourriture pour volailles, quand les morceaux ne sont pas littéralement jetés sur la chaussée. Le temps est fini où les enfants apeurés ramassaient le morceau de pain qu'ils avaient laissé tomber, l'embrassaient et le porter au front, en signe de respect : certains n'hésitent pas à shooter les pains rassis qui se trouvent sur leur chemin ! Autres temps, autres mœurs, mais la disponibilité d'un aliment, ainsi que son prix abordable ne doivent pas autoriser le gaspillage : le pain, dont le prix est subventionné, revient très cher à la communauté. La moindre des choses est de l'économiser, de le respecter aussi pour que tout le monde puisse en manger à satiété et surtout pour qu'on n'en vienne pas à manquer... Les Anciens, qui avaient le respect des valeurs, savaient ce que signifiait l'expression "un jour sans pain".
S. Aït Larba






