Haro sur les cours particuliers !

Le ministère de l’Education nationale, inquiet par l’ampleur prise par les cours particuliers, a lancé un appel en direction des parents d’élèves : n’y envoyez pas vos enfants ! « C’est, a dit le ministre, un fléau qui constitue une source d’inégalité entre les élèves et qui va à l’encontre la démocratisation de l’éducation nationale » (La Dépêche de Kabylie du 27 octobre). C’est là une analyse juste et une préoccupation légitime, quand on sait que dans beaucoup de cas, les cours supplémentaires sont imposés par les enseignants aux élèves. Dans certains établissements, les enseignants n’hésitent pas à privilégier les enfants qui s’inscrivent à leurs cours, pour pousser les autres à en faire autant : les sujets des devoirs et même des compositions sont parfois « traités » dans les séances supplémentaires ! Les parents sont « démarchés » au cours des réunions trimestrielles au cours desquelles on remet les bulletins des potaches : « Votre enfant ne travaille pas suffisamment, il lui faut des cours de soutien ! Envoyez-le moi ! Je le remettrai à niveau ! » Tous les enseignants font cette promesse, présentant les cours de soutien comme seule solution pour remédier aux insuffisances de l’école, insuffisances dont ils sont pourtant largement responsables ! Condamner les cours de soutien, c’est bien, mais il faut aussi forcer ces enseignants qui se dépensent beaucoup dans les cours de soutien, à faire leur travail… Mais les cours de soutien sont infiniment plus lucratifs que le travail pour lequel ils sont payés. Et l’égalité des chances des enfants et le droit à l’instruction ? C’est la dernière préoccupation de ces enseignants sans scrupules, uniquement préoccupés par le gain !

S. Aït Larba