Par DDK | 3 Avril 2005 | 308 lecture(s)
Les enseignants se plaignent de la centralisation des salaires
Le cas le plus édifiant est celui des travailleurs privés de leurs salaires et dont les comptes sont bloqués par la trésorerie de la wilaya de Béjaïa (voir notre article du 17 mars 2005) parce que l’administration s’est mise à les payer alors qu’ils étaient en congé de maladie.En effet, en congé de maladie de longue durée ou en mise en disponibilité, ces fonctionnaires qui, au préalable, ont informé l’administration de leur situation, continuaient à percevoir des salaires indûment versés.La centralisation de la paye, depuis bientôt 5 années, a démontré à elle seule l’anarchie qui règne à la direction de l’éducation de la wilaya de Béjaïa et l’incapacité des responsables à assurer une gestion saine et sereine d’où la contestation de la centralisation de la paye par les travailleurs de l’éducation dès sa mise en place. Avant la centralisation «lorsqu’un fonctionnaire est en congé de maladie, l’administration de son école procède systématiquement à une cessation du salaire ou une amputation», nous dira un directeur d’école, et d’ajouter : «Depuis la centralisation de la paye, même le personnel féminin en congé de maternité continu à percevoir son salaire et ce n’est que quelques années plus tard que ces responsables se rendent compte», nous dira notre interlocuteur.Le cas d’un fonctionnaire mis en congé de maladie de presque quatre mois, en 2002, laissera pantois les plus insensibles et renseigne sur l’état de gestion du service paye, le laxisme et l’incompétence dans le secteur de l’éducation à Béjaïa depuis la centralisation des paiements. En effet, ce n’est qu’en 2005 que l’administration s’est rendu compte et a employé les pires moyens alors que «je n’ai même pas eu vent de cette situation jusqu’au jour où il a été procédé à la fermeture de mon compte bancaire sur instruction de la trésorerie qui m’a dépouillée, y compris des allocations de mes enfants et de l’indemnité du salaire unique», nous dira un enseignant, révolté par cette situation. Ce fonctionnaire qui estime que la direction de l’éducation est la seule responsable de cette affaire se demande «où était cette administration quand les affaires de trafic de dossiers de recrutement et la dilapidation des œuvres sociales (deux scandales qui ont défrayé la chronique l’été dernier, ndlr) ont éclaté et éclaboussé tout le secteur ?», s’est-il-interrogé. Par ailleurs, on nous signale plusieurs cas de versements de salaires à des fonctionnaires qui seraient résidents à l’étranger, en congé de maternité ou à des syndicalistes qui percevraient des primes de rendement intégrales alors qu’ils sont détachés, pendant que des vacataires attendent d’être payés et des titulaires espèrent qu’un jour on leur payera les rappels d’échelons, les allocations et d’autres prestations.En attendant, espérons que la réforme du système éducatif se penchera sur le volet de l’administration scolaire qui mérite que l’on s’y attarde, pour surtout, régler tout ces conflits ou plutôt, les prévenir.
Yacine Boudraa






