Par DDK | 3 Avril 2005 | 107 lecture(s)

Le barrage de Ouaguenoun sera ressuscité

«Je crois que grâce à ce projet de réhabilitation de notre barrage, notre localité retrouvera son essor économique d’autrefois», tel est le sentiment d’un agriculteur du village de Djebla.Le barrage dont parle ce citoyen est celui de Ouaguenoun, auquel la direction de l’hydraulique de Tizi Ouzou, a consacré une somme de près de 10 milliards de centimes en vue de sa réhabilitation. Pour en savoir plus sur ce projet longtemps attendu par les agriculteurs de la région, nous avons pris attache avec M. Benhamou, responsable de la subdivision de l’hydraulique de Ouaguenoun. Ce responsable lui aussi, à travers son enthousiasme, nous montre à quel point ce projet lui tient à cœur. Pour mieux nous étaler la situation, il a pris le soin de nous faire déplacer jusqu’à ce barrage, pour constater de visu, l’état d’avancement du projet. «Ce barrage a été inauguré en 1968, en grande pompe, par le défunt, président Boumediene. Jusqu’à ce jour, il se compte parmi l’un des plus importants en son genre» nous déclare-t-il.Le barrage se situe dans une vallée, qui se trouve à mi-chemin entre Ouaguenoun et Timizart. Il contient environ 3 millions de m3 d’eau, sa capacité d’irrigation utile est de 520 ha. Les eaux occupent une superficie de 20 ha. Et en ce début de printemps, un agriculteur d’une cinquantaine d’années, et qui habite dans les environs, nous parle du problème de vasement qui réduit la capacité de barrage. Le subdivisionnaire intervient pour dire «Non, le barrage ne souffre pas du problème de vase, seulement, 10% de son fond est vaseux», précise-t-il à Mohamed. En plus de l’irrigation des terres qui s’étendent de la commune d’Aït Aïssa Mimoun, jusqu’à Timizart, en passant par Ouaguenoun, le barrage est aussi un lieu d’évasion et de détente convoité par les gens en quête de la quiétude. Plusieurs jeunes circulent, sur le long de la digue, longue de 500 m, et contemplent la petite vague qui se brise sur la falaise de la digue. Cette grande surface d’eau constitue la mer de fortune des habitants de la région. On y pêche, on se baigne, et on se promène autour. En plus de cet effet bénéfique, l’importance de cette réalisation, réside tout d’abord dans la priorité, à arroser ce vaste territoire agricole spécialisé dans la culture maraîchère. Pour ce faire, le subdivisionnaire, nous montre les stations de pompage, où un nouveau matériel sera acheminé.«En plus de l’installation de nouvelles stations de pompage, l’autre grande partie du projet sera consacrée à l’installation de nouvelles conduites, obstruées à l’arrêt depuis 1990», nous précise-t-il. Au total 25 km de conduites seront renouées et cette fois-ci, les responsables de l’hydraulique, ont porté leur choix sur des conduites réalisées en amiante ciment, une matière, dont la durée de vie sera plus longue.Depuis quinze ans, il n’y a que les agriculteurs dont leur parcelle de terre se situe à proximité du barrage qui bénéficient de l’eau en été, et ce, en utilisant des moteurs-pompes.Les autres, soient près de 300 agriculteurs, à la place de la culture maraîchère, se sont convertis à cultiver le blé ou autres culture, qui ne nécessitent pas d’eau.Tout au long de cette vallée, des conduites de gros diamètres, sont posées et ce de Djebla à Tourda, une autre conduite orientée vers le nord est posée, et qui alimentera la localité de Timizart.Ahmed est un agriculteur d’une soixante d’années environ. Il fait partie aussi de l’association des agriculteurs de la région, lui, il est sceptique, quant à la réussite du projet. «Je ne pense pas que le projet réussira, car les conduites sont mal placées, et elles finiront par s’éclater rapidement et ça sera le retour à la case de départ» nous déclare t-il avec inquiétude. Selon lui, la mauvaise conception des conduites d’irrigation, réside, dans le fait qu’on a mélangé deux matières, à savoir, le métal et l’amiante-ciment. Ce membre, de l’association des agriculteurs, nous déclare aussi que leur organisation a refusé de prendre en charge la gestion de ce barrage, tel qu’il leur a été demandé par les responsables du Ministère de l’agriculture, et de celui des Ressources en eau. «A travers plusieurs réunions, ils nous ont demandé de gérer ce barrage et nous avons refusé.Nous avons suggéré à ce que notre organisation, ne prendra en charge cette mission, qu’après une année de mise en marche», car nous doutons bien», nous déclare Ahmed, l’agriculteur M. Benhamou, quant à lui, il reste optimiste, et il dit «que l’étude a été faite selon des normes rigoureuses, en vue de garantir le relancement effectif de l’agriculture dans cette région», nous dit-il.Il est à signaler que les cultures les plus réussies, restent celles de la tomate, le pastèque, les poivrons, mais surtout la culture des haricots verts «A l’époque, nous livrons nos haricots dans tout le centre du pays et elles sont d’excellente qualité», nous disait un vieux agriculteur. Cette époque sera t-elle ressuscitée dans les prochaines années, et ce, à travers ce projet de réhabilitation ? L’avenir proche nous le dira.

Mourad M.

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