Par DDK | 25 Avril 2005 | 213 lecture(s)
Que la joie revienne !
Pour une fois, depuis longtemps, le 20 avril a été célébré dans la fête. Certes, la Kabylie n’oublie pas ses martyrs et ses larmes ne sont pas encore séchées mais comme dans tout drame, dans toute tragédie, la vie finit toujours par reprendre ses droits. Et quoi de plus révélateur du changement que la fête ? La fête doit être prise ici non seulement au sens de réjouissance mais aussi dans celui de rupture avec la tristesse et le deuil, pour un retour à la normale, pour conjurer aussi le mauvais sort et augurer de meilleures périodes. Lfrah’ yetaba’â lqerh’, dit le proverbe kabyle, «la joie succède au chagrin» et ed’s’ i dunnit a gd-d’as, «souris à la vie, elle te sourira». Jamais, depuis le long et douloureux combat pour le recouvrement de son identité, Tamazight n’a été si proche du but : elle possède aujourd’hui la légitimation constitutionnelle, elle s’enseigne dans les universitsé et les écoles, et surtout, grande conquête, inimaginable au début des années 1980, au moment des évènements de l’explosion du 20 avril, sa promotion est prise en charge par l’Etat. Certes, beaucoup reste encore à faire, mais le mauvais sort, asfel, est brisé à jamais : Tamazight ne sera jamais plus un sujet tabou dans son pays, Tamazight ira de l’avant et elle finira par prendre la place qui est la sienne, parmi les siens, dans son pays… Cela vaut bien une fête, ou plutôt des fêtes : du 1er Yannayer, jour de l’an berbère, en passant par la fête du Printemps, la commémoration des grands évènements et des grands hommes de l’amazighité, qui sont aussi les grands évènements et les grands hommes de l’Algérie, que la fête et la joie demeurent !
S. Aït Larba






