Bousculades, vérifications et bagarres telles sont les déplorables scènes qui se produisent depuis ce samedi devant tous les établissements scolaires, des scènes qui sont une parfaite reproduction de celles qui sont produites dans les années 70 devant les guichets de la SNTV, la Casoral ou Souk El Fellah, ces foules devant les établissements scolaires tout cycles confondus sont composées de parents d’élèves qui sont venus s’enquérir non pas des conditions de scolarisation de leurs enfants ou de leurs résultats en classe mais pour retirer l’aide de 3000 DA accordée aux nécessiteux. Cette foule compacte, s’explique par le fait que l’opération de remise de cette aide n’est déclenchée qu’à moins d’une semaine de la fête de l’Aïd, c’est-à-dire au moment où les quelques milliers de dinars économisés durant toute l’année ne soient dépensés jusqu’aux derniers sous depuis le début de Ramadhan et que ces 3 000 DA sont arrivés à point nommé et constituent un bol d’oxygène pour faire face aux dépenses de l’Aïd.
Cette prise d’assaut des établissements scolaires cette année, pour percevoir cette insignifiante somme d’argent est du jamais vu ; auparavant, les années passés, les parents usent de discrétion pour les retirer. Cette ruée sur les établissements de l’Education ajoutée à celle opérée sur les APC au tout début du mois sacré pour retirer le couffin du Ramadhan sont les prémices d’une misère galopante qui telle une maladie contagieuse ou une… malédiction n’en finit pas de s’étendre à toutes les couches sociales et qui prend des proportions inquiétantes, un constat qui tranche net avec le discours officiel et c’est justement ce qui est inquiétant, c’est cette contradiction entre ce discours et la réalité du terrain.
« Personne n’est plus aveugle que celui qui ne veut rien voir », disait l’adage, personne ne peut s’empêcher parmi les humbles citoyens de penser à quoi nous conduira cette sourde oreille.
Le peuple a beau affiché sa misère, l’on s’entête à maintenir le même cap dans la gestion du pays d’oxygène Djamel Ouled Abbès qui juge son action positive au même titre que l’opération de charme de Ghalamallah pour récupérer l’argent de la zakat et la reconvertir en opération de solidarité nationale. « Enlever à la barbe pour enrichir la moustache », dit un autre adage. Pourquoi ne pas dispatcher cette aide à raison d’une classe par jour pour éviter cet encombrement anarchique où tous les services étaient débordés par des citoyens ayant les nerfs à fleur de peau sous l’effet du Ramadhan ? Des scènes qui contrastent avec la culture de ces établissements qui nous ont habitués à plus d’organisation et de discipline ce qui confirme on ne peut mieux que l’anarchie se généralise à tous les secteurs.
Oulaid Soualah
