De quelle culture parlez-vous ?

Tabac, drogue, toxicomanie… chômage, c’est tout ce que le jeune d’Ath Laâziz peut avoir, et tout le reste : le sport, et surtout ce qui est culturel, non ». C’est par ces déclarations qu’un villageois a voulu nous expliquer que cette commune est dépourvue des moyens nécessaires, notamment les infrastructures culturelles.

Effectivement, cette région située juste à 10 km au nord du chef-lieu de la wilaya de Bouira, n’est pas dotée d’une infrastructure digne de ce nom, alors que des jeunes disent qu’une salle polyvalente existe et qu’elle est « au service des jeunes ».

Cet édifice est implanté au village Bezzit-Haut, chef-lieu communal.

Nous nous sommes rendus sur les lieux, où nous avons constaté que cette salle est opérationnelle mais les activités culturelles manquent beaucoup. Elle renferme quelques salles qui sont en dégradation. Une stagiaire nous a déclaré « nous vivons dans de mauvaises conditions ». Cependant, la salle qui assure des cours en informatique, est pourvue de cinq micro-ordinateurs de dernière génération : P3 ; une autre salle est réservée aux analphabètes, une pour la lecture.

Les stagiaires, dont la plupart sont des filles déclarent : « Nous attendons impatiemment le lancement d’Internet mais les autorités locales ont refusé de nous octroyer une ligne téléphonique. Par ailleurs, un manque flagrant de commodités est au menu, les moyens de chauffage et d’hygiène font défaut. Même si nous sommes privés des moyens nécessaires, nous arrivons toujours à organiser quelques festivités comme le 8 Mars et le Printemps berbère », ont expliqué nos interlocutrices. Mais ces commémorations s’organisaient selon certains jeunes « de bouche à l’oreille », puisque personne n’est au courant des évènements culturels.

A. Fedjkhi