Par DDK | 1 Mai 2005 | 434 lecture(s)
Le parent pauvre de la santé
“La politique de santé publique n’en est pas une”. Cette phase empruntée à l’un des doyens de la médecine algérienne traduit exactement les errements de la politique sanitaire de ces dernières décennies. Celle-ci a totalement tourné le dos à ses fondements doctrinaux, à savoir la protection et la promotion de la santé, pour tomber dans les travers de l’hospitalocentrisme et ses dérives budgétaires qui l’ont amené là où on sait. Si bien que la médecine du travail-un des aspects importants de la prévention-est largement occultée. Il y a quelques mois, un responsable de la CNAS d’Akbou nous avouait que le chapitre “accidents de travail et maladies professionnelles” représentait une charge colossale pour le budget de la caisse. Cela explique que la ouverture sanitaire en milieu de travail laisse à désirer.“Moins d’un travailleur sur quatre y a accès”, estime un médecin du travail exerçant à Bgayet “La création d’un système de collecte de données, résultat de la réorganisation de ce secteur suite au décret promulgué en 2001, a révélé que malgré une timide avancée de la couverture sanitaire en milieu de travail, celle-ci demeure encore très insuffisante”, reconnaît-t-il. Malgré l’obligation faite par la législation (loi 88-05 relature à la médecine du travail) aux chefs d’entreprises de créer soit une structure interne autonome ou de se conventionner avec une structure de santé (hôpital, secteur sanitaires...) de nombreuses entreprise, nous révèle-t-on, n’assurent pas encore cette activité de protection sanitaire contre les risques professionnels, droit universellement reconnu. “A titre d’illustration, nous dira un responsable de la CNAS de Bgayet, le taux de visites d’embauche pour qualifier l’aptitude du travailleur à son poste de travail au sein de l’entreprise, reste encore faible”. La nécessité de l’application effective de la loi ainsi que le rôle important que doit jouer l’inspection du travail et enfin, l’éducation et la sensibilisation des employeurs et des travailleurs sur la prévention des risques professionnels paraissent incontournables aux yeux de nos interlocuteures pour faire avancer les choses. Ils rappellent aussi le fait essentiel que beaucoup d’employeurs négligent toujours l’intérêt à investir dans le facteur humain, c’est-à dire la santé des travailleurs, pourtant, force de travail et levier économique majeur d’où découlent la productivité et la bonne santé de l’entreprise. Notons à ce propos, également, le mutisme des principaux syndicats, premiers défenseurs des intérêts des travailleurs quant à la santé du travailleur, son unique capital.
Nacer Maouche






