Selon une enquête réalisée par l’ONS sur l’emploi, c’est un peu plus de 53%des travailleurs algériens qui ne sont pas affiliés à la Sécurité sociale. L’enquête, qui s’est déroulée durant la période allant de novembre à décembre 2006 a touché un échantillon de près de 15 000 personnes, représentatif de la population algérienne et répartis sur tout le territoire national. Dans le chiffre avancé par l’ONS, la proportion des ruraux, comme il fallait s’y attendre, est plus élevée que celle des citadins. De plus, une part importante des employeurs et des indépendants (70% des informateurs) et des travailleurs non permanents (près de 77%) ne cotisent pas.
L’agriculture et le bâtiment se taillent la part du lion dans ces chiffres mais les services et le commerce sont concernés. Pour rappel, une enquête, faite à la même période de l’année, en 2005 avait révélé un taux de 199% de non affiliés : autrement dit, les travailleurs et les employeurs qui échappent au filet de la Sécurité sociale, a augmenté dans des proportions importantes, alors qu’il était attendu, contrôle du ministère du travail oblige, une diminution.
On peut comprendre que les travailleurs n’ont pas le choix, quand les patrons conditionnent le recrutement à la non déclaration, mais les employeurs ? En fait, si les employeurs ne s’affilient pas, c’est encore par calcul : échapper aux retenues et aux charges. Mais il s’agit de faux calculs dans la mesure où ne disposant pas de couverture sociale, ils courent le risque, en cas de maladie, de ne pas bénéficier de prestations.
Quant aux travailleurs, beaucoup ont déjà fait l’amère expérience de se retrouver, non seulement sans le sou mais aussi sans prise en charge médicale et sans médicaments.
S. Aït Larba
