C’est d’un œil inquiet que les agriculteurs scrutent le ciel pour essayer de deviner les réactions météorologiques imprévisibles en ce mois de mai. La campagne de fenaison qui bat son plein risque d’être fortement compromise par de brusques changements des conditions climatiques fréquents en cette période. Il a été déjà enregistré ce lundi, une première averse, fort heureusement de faible densité, mais au vue d’une vague de fraîcheur qui s’en est suivie et qui persiste, il est à craindre d’autres tempêtes beaucoup plus importantes, ce qui provoquerait la moisissure et la détérioration de tout le foin que les agriculteurs n’ont pas eu le temps d’engranger. Déjà que le rendement, en fourrage cette année, est des plus faibles en raison du manque de pluie au moment des semailles et l’éclosion (entre janvier et avril). Ce qui a provoqué la ruée des éleveurs sur toute touffe d’herbe qui pourrait être fauchée et cela pour affronter la période de disette entre septembre et janvier, en particulier ceux qui refusent de se séparer de leurs bêtes dont les prix ont chuté au plus bas niveau sur le marché, une chute des prix provoquée par la flambée des aliments de bétail. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, la recrudescence des vols de bétail a contribué sensiblement à ramener sur le marché le coût d’une bête à son niveau symbolique. La crainte d’être délestés de leurs bêtes, fait que de nombreux éleveurs les cèdent à des prix bas jamais égalés à telle enseigne qu’on ne peut éviter de se poser des questions quant à l’origine de quelques ovins cédés à des prix qui défient toute concurrence proposés au marché par des individus qui n’inspirent guère grande confiance, un endroit où les services chargés, de la lutte contre ce fléau doivent effectuer des contrôles inopinés. Enfin, pour revenir au sujet, les services concernés ne doivent-ils pas faire un geste envers ces éleveurs pour freiner l’hémorragie qui se produit au niveau de l’élevage qui reste le créneau le plus important et la principale source de vie de la majorité de la population de la daïra de M’chedallah, dont une première saignée a été provoquée par les chutes de neige catastrophiques de l’hiver passé.
Omar Soualah
