M. Sellah, l’actuel maire de la commune d’Aït Aïssa Mimoun, était un candidat dans une liste indépendante conduite par M. Oudiai, dans la course pour les 9 sièges de cette APC. Il y avait en tout trois partis politiques, à savoir le RCD, le FFS et le FLN. Ajouter à cela deux listes indépendantes. En plus de celle conduite par M. Oudiai, l’on compte celle conduite par M. Aimeur. Les résultats des élections ont été de deux sièges pour chacun des trois partis et 2 sièges pour la liste de Oudiai et de 1 siège pour celle conduite par Aimeur. Durant la campagne électorale où nous avons pu couvrir certaines activités politiques de ces partis, l’on a assisté à des échanges d’amabilités politiques, particulièrement entre le RCD et le FFS. Saïd Sadi, leader du RCD, qui a animé un meeting à Tikobain, a réitéré son appel au FFS afin de s’unir contre ce qu’il a appelé le danger qui guette la Kabylie et qui se résume au risque que les partis proches du pouvoir réussiront à gagner les élections dans cette région, considérée comme un bastion réservé à ces deux partis. Pis, Said Sadi, en voulant probablement créer un « climat de culpabilité collective », a qualifié les personnes qui se sont présentées sur des listes indépendantes « d’agents du DRS »; Craignant le risque d’échec dans cette course électorale décisive, le parti tirait dans toutes les directions, et a tenté de s’unir avec le plus vieux parti de l’opposition. Ironie du sort pour l’APC d’Aït Aïssa Mimoun, M. Sellah, qui s’est présenté sur une liste indépendante, a été désigné maire de la commune, après l’application du critère de l’âge. Encore, le RCD qui appelait à l’union sacrée ou « Tagmats » a été le premier à la piétiner en refusant toute alliance avec le FFS, et avoir en faisant alliance avec les élus issus des deux listes indépendantes. Quelques dizaines de jours plus tard, le maire de cette commune a annoncé publiquement son adhésion au RCD. Pour dénoncer un tel comportement politique, difficile à comprendre, les élus du FFS ont rédigé une déclaration dans laquelle la « tagmats » du RCD et la volte-face du maire ont été qualifiées de leurre et de trahison politique. « Il y a encore des gens pour qui changer de conviction en un temps record est plus facile que de changer une veste, rien que pour un poste dans une chefferie », déclare le FFS au sujet du changement de camp du maire. Et d’ajouter : « Ces individus jouent avec les voix des citoyens comme on joue avec un vulgaire jouet ». Evidemment, le FFS cible dans cet écrit les deux élus de cette liste d’indépendants car, en plus du maire, le tête de liste, M. Oudiai, actuel 1er vice-président de l’APC, s’est lui aussi rallié au RCD. Et de continuer : « Pour nous, cet épisode n’est qu’un feuilleton qui s’apparente plus à une eau polluée qu’à celle de la source. On sait pertinemment et on a la certitude que personne ne pourra gagner les causes qu’il n’a jamais défendues ». Le parti d’Aït Ahmed se dit être vigilant et de son devoir de mettre en garde, d’éclairer et d’élucider et même de dénoncer cet épisode inédit. Le FFS se pose des questions : « De quoi ont-ils peu au juste ? ». Et de dénoncer le parti de Sadi : « Nous ne sommes pas étonnés de cette énième volte-face « N Tegmats », mais nous sommes complètement consterné, par l’attitude de ces sois-disants représentants de la population qui ont sombré dans des eaux troubles et la confusion comme des encerclés ». Le FFS se dit « rester serein et tenons notre engagement de rester fidèle à notre conduite politique… Notre seul allié à jamais reste cette population dont nous sommes issus et à laquelle nous vouons un grand respect ». Plus loin dans cette longue déclaration rendue publique, le FFS revient avec force pour dénoncer cet épisode politique « quant à cette main « N Tagmats » qui a été tendue à la population durant la campagne électorale, elle s’est avérée voilée de mauvaises intentions et trompeuse. Ça n’a été que de la poudre aux yeux des citoyens dans le but d’extorquer leurs voix. Ces malheureux citoyens qui continuent d’espérer à un lendemain meilleur, ont été tout simplement arnaqués. Cette main tendue n’a-t-elle pas désapprouvé la gestion catastrophique précédente ? N’a-t-elle pas juré, devant les citoyens, de changer les mentalités qui gèrent les affaires de notre commune ? ». Et d’ajouter : « Cette main a voté pour la continuité de la gestion précédente et pour reconduire les mêmes personnes qui ont géré les affaires de notre commune depuis 2002, n’est-ce pas là un véritable paradoxe ? ». Et de conclure par une autre sentence : « Chaque composante politique a le droit absolu de s’allier à n’importe quelle autre composante, mais par contre, aucune composante politique n’a le droit de mentir au peuple, cela pour des illusions de l’esprit ». En plus du parti d’Aït Ahmed, victime de cette manœuvre politicienne, des citoyens de cette commune, rencontrés, nous ont exprimé leur déception et leur mécontentement. « Ce n’est pas logique que je vote pour quelqu’un en tant que tel et par la suite, il change de couleur ou de camp politique », nous dit Madjid, un citoyen d’Aït Aïssa Mimoun. Et à un autre d’enchaîner : « C’est de l’arnaque politique pure et simple », et d’ajouter : « On peut tromper la population un temps, mais jamais tout le temps ».
Mourad Hammami
