Tizi Ouzou, troisième wilaya touchée en Algérie

Officiellement on recense jusqu’à décembre passé, 26 sujets atteints par le sida, et 48 cas de séropositivité dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Un triste bilan qui la classe à la troisième place des wilayas touchées à travers le territoire national, après Tamanrasset, et Alger.

En Algérie, ils sont 740 sujets à vivre avec le mal déclaré. Le nombre des séropositifs s’élève lui à 2 092 cas. Ce sont du moins les statistiques officiellement avancées par les organismes en charge de la maladie. Car en off, même les intermédiaires à travers lesquels sont distillés ces chiffres ne s’empêchent de le faire avec un sourire ironique. «Ces chiffres sont à multiplier par quatre voire cinq», commente t-on au niveau de la ligue de prévention et de sauvegarde de la jeunesse et de l’enfance de Tizi-Ouzou. Ce sont en tous les cas des propos qui valent leur pesant d’or venant d’un élément actif sur le terrain. «On les reçoit, et on est à leur écoute au quotidien. Plusieurs d’entre eux viennent prendre attache avec nous, nous avouent leur séropositivité mais n’osent pas aller faire le dépistage au niveau local. Généralement ils disent qu’ils l’ont fait ailleurs, hors de la wilaya ou carrément du pays». Pour la voix officielle, à Tizi-Ouzou, les services de dépistage n’ont recensé qu’un nouveau cas de Sida depuis fin 2005 à ce jour. N’empêche qu’elle reste toujours la troisième wilaya la plus touchée après Tamanrasset, et Alger. La wilaya de Béjaia vient elle, toujours selon le classement officiel, à la quatrième position. C’est à dire juste après Tizi-Ouzou. A décembre 2005, Béjaia comptait déjà 24 sidéens, et 29 sujets reconnus séropositifs. Vient ensuite la wilaya de Boumerdes avec 8 cas de sida, et 11 cas séropositif. Quand à la capitale, on y recense 101 sujets atteint par la maladie, et 339 cas de séropositifs. Selon le bilan établi dans le relevé épidémiologique annuel 2004 de l’institut national de santé publique les modes de contamination rapportés sont les rapports hétérosexuels à 50 %, la transmission mère-enfant à 3,6 %, et modes non spécifié à 46,4 %. Au sujet des modes de contamination chez les sujets séropositifs on retrouve les rapports hétérosexuels à 21,8 %, les rapports homo et bisexuels à 0,3 %, la toxicomanie à 0,3 %, le sang et ses dérivés à 1,12 %, la transmission mère-enfant à 1,9 %, et non spécifiés à 74,4 %. Concernant la répartition par sexe, toujours durant la même année, il a été constaté chez la population contaminée une prédominance masculine avec un sec ratio de trois. Celà dit ce sont vraissemblablement là des statistiques qui restent sujettes à reserve puisque la maladie reste encore un énorme tabou qui n’est pas près d’être dépassé. Et forcemment on n’est sans doute pas en face d’un recenssement fiable vu la réticense des sujets à aller faire le dépistage. Beaucoup de chemin reste à faire dans ce domaine, ce qui rend plus qu’utile les éfforts consentis dans la sensibilisation par les associations qui vont vers le passion ou de l’attendre venir.

Djaffar C.