Par DDK | 2 Juillet 2005 | 293 lecture(s)

Valoriser le brain-trust national

Le dernier rapport du conseil économique et social établi en décembre 2004 a été caractérisé par un travail profond et de qualité par lequel cet organe consultatif a tenu à éclairer le gouvernement sur les tendances lourdes de l’économie nationale, ses atouts et ses écueils, ainsi que sur les grands défis qui se posent à notre société en matière de développement. Le conseil a tenté de cerner le phénomène de l’économie informelle, qui continue à gangrener l’appareil de production et les activités commerciales régulières, tout en constituant un considérable manque à gagner en matière de fiscalité, les aléas qui pèsent encore sur le travail de la femme, les avancées dans la lutte contre la pauvreté, les retards en infrastructures routières et certaines pesanteurs qui obèrent les réformes économiques. La session prévue pour le 22 mai dernier a été reportée à aujourd’hui en raison de la démission de Mohamed-Salah Mentouri de la présidence du CNES, démission, qui dit-on, serait liée à la teneur du Pacte économique et social, que le gouvernement compte faire avaliser par une tripartite en septembre prochain.Le nouveau président de cette importante institution consultative, Mohamed-Seghir Babès, présentera au cours de la 26e session qui se tient à partir d’aujourd’hui le rapport de conjoncture, qui permettra de situer l’économie algérienne à partir de certains agrégats quantitatifs et qualitatifs, le dossier lié à la croissance économique et la manière d’assurer son auto-entretien, le rapport sur la politique monétaire à la lumière de l’émergence de certains indices favorables (comme le reçu de l’inflation et la réduction du prix du crédit au niveau des banques), les rapports sur l’émigration et le sport en milieu scolaire et universitaire. Des institutions internationales, comme la BIRD et le FMI, ainsi que d’autres structures ou personnalités étrangères (la Coface, les représentants de l’Union européenne) ont pu donner leurs points de vue sur les performances et les écueils de l’économie algérienne, ils ont même donné des recommandations aux autorités de notre pays pour créer un climat d’investissement en accélérant les réformes structurelles : levée des entraves bureaucratiques, ce qui suppose de profondes réformes de l’administration et de la justice, modernisation du secteur bancaire pour qu’il participe au financement de l’économie, et installation des infrastructures et équipements publics, avec l’assainissement du foncier, qui doivent encadrer l’acte d’investissement. Le conseil économique et social est intervenu à plusieurs reprises, dans ses sessions et rapports, pour éclairer l’Exécutif sur tous ces points est sur bien d’autres encore. Le potentiel humain et technique que cette institution recèle en son sein lui confère normalement le professionnalisme qu’il faut pour jouer le rôle de brain-trust, dont a tellement besoin le pays, cela en plus de son caractère non partisan qui l’éloigne des luttes et des vilenies politiciennes, dont souffrent énormément bon nombre de nos institutions à commencer par la plus visible d’entre toutes, l’APN. Les indices, les agrégats et les autres ratios accompagnés des observations et des recommandations du staff du CNES ne doivent surtout pas rester lettre morte. C’est en valorisant le travail accompli par ses membres et ses commissions que le conseil sera promu comme véritable organe consultatif.

Amar Naït Messaoud

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