Par DDK | 4 Juillet 2005 | 469 lecture(s)
Une fillette de 4 ans vend du jasmin à Blida
Plusieurs communications et résultats d’enquêtes initiées par des médecins et des chercheurs ont été présentés par les nombreuses personnalités, représentantes des différents secteurs de la justice, du travail et de la sécurité sociale, de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle ainsi que les éléments de la police et de la Gendarmerie nationale.Ce phénomène interplanétaire, qui fait l’objet de plusieurs campagnes gouvernementales nécessite l’implication de toutes les parties concernées et une politique intersectorielle adaptée à chaque société selon ses spécificités économiques, sociales et culturelles.En Algérie, où jusqu’à un passé très récent, le travail des enfants constituait encore un tabou, beaucoup de progrès ont été faits en ce sens, aussi bien sur le plan institutionnel et juridique à travers la mise en place de l’avant-projet de loi sur la protection de l’enfant, la création de l’Observatoire des droits de l’enfant et de sections spécialisées pour la protection des mineurs au niveau de la gendarmerie et la Sûreté nationale que sur le plan communicationnel par le biais de l’organisation de séminaires, de rencontres scientifiques, de journées d’information et de campagnes de sensibilisation dans les milieux des jeunes. Une enquête réalisée à l’ODE en mai dernier par une équipe de médecins internes sous l’égide du professeur Sahraoui qui a étudié le phénomène du travail des enfants dans huit wilayas du centre du pays (Alger, Aïn Defla, Bouira, Blida, Boumerdès, Tizi Ouzou, Béjaïa et Tipaza) a conclu que sur les 2 979 enfants travailleurs interrogés âgés entre 4 et 17 ans, et dont 23% sont de sexe féminin, 6% de ces enfants ont moins de 10 ans, et le cas de la plus jeune travailleuse était une fillette de 4 ans et demi qui vendait du jasmin dans la wilaya de Blida. La même enquête a conclu que le plus grand nombre d’enfants travailleurs sont âgés entre 13 et 16 ans avec un taux de 63%, et que 31% des enfants sont scolarisés, 37,5% sont exclus de l’école et 31% ont volontairement quitté les bancs de l’école. Plus de 60 métiers informels sont exercés par ces enfants, et varient en fonction de la spécificité de la région (agriculture à Tizi Ouzou et Aïn Defla, pêcheurs,… Les métiers de vendeurs de pain (354), de bergers (197), de coiffeurs (86) et d’agriculteurs sont les plus rencontrés, et plusieurs métiers dangereux tels que l’électricité, la mécanique, le ramassage d’ordures et le bâtiment sont également recensés. Cette étude a fait savoir aussi que 53% des enfants travaillent pour subvenir aux besoins de leur famille et 75% disent donner l’argent qu’ils gagnent à leurs parents, et que 47% d’entre eux affirment que le travail leur a été imposé car ils n’ont pas de ressources.La Kabylie n’est pas épargnée par ce phénomène et à travers les trois wilayas de Tizi Ouzou, Bouira et Béjaïa, il a été dénombré près de 700 enfants qui travaillent, notamment dans l’agriculture et la pêche (port de Béjaïa et d’Azeffoun). A Béjaïa, où un chiffre de 215 enfants travailleurs a été enregistré, 49 sont des filles et 8 sont des prostituées mineures. Les résultats de cette enquête destinée à la société civile, le monde associatif et les pouvoirs public ne pourront être d’aucune utilité s’ils ne sont pas pris en compte par toutes les parties concernées qui doivent conjuguer leurs efforts pour lutter contre le travail des enfants et protéger ces derniers des affres de l’exploitation et de l’exclusion.
H. Hayet






