L’on se rappelle que la vente-dédicace de « Kabylie story », organisée en avril dernier, avait suscité beaucoup d’engouement auprès des populations de Béjaia. A Akbou, les habitants étaient si enchantés qu’ils sollicitèrent de l’auteur une 2e vente-dédicace. Arezki Metref, qui s’était montré alors très disponible et d’une amabilité extrême aux jeux des questions-reponses, et aux discussions, avait promis de revenir. Le voilà de nouveau à Béjaia, à partir de cette semaine, où il s’apprête à de nouvelles randonnées pour la réalisation de nouveaux reportages sur la Kabylie. L’exil géographique, qu’il a longtemps subi suite à l’assassinat de son ami le défunt Tahar Djaout, l’ayant longtemps aussi frustré des paysages de son pays, de sa Kabylie qu’il aime à la passion, a suscité probablement en lui cette grande envie de partir à la découverte mais aussi le désir d’apporter, par ses reportages vivants, des preuves convaincantes que la Kabylie n’est pas ce monde hostile, sauvage, replié sur lui-même comme il a tendance à le faire croire, mais une immense contrée profonde qui semble restée toujours la même, avec le poids des traditions et des pratiques qu’elle concilie remarquablement avec le modernisme. L’aboutissement de tous ces reportages, fruit d’un long et passionnant périple, est Kabylie story, un recueil donc des pérégrinations d’Arezki Metref de Bordj Ménail jusqu’à Tazmalt, via les nombreux villages de Tizi. Le livre est à lire par toute personne désirant découvrir la Kabylie, par tout Algérien souhaitant connaître l’autre face du pays, pour tout Kabyle fier de sa Kabylie. L’ouvrage devait être dans les bibliothèques des établissements scolaires non seulement pour ce qu’il recèle comme documentation sur les régions kabyles mais aussi pour les types de textes enseignés par les programmes scolaires :Le narratif et le descriptif à satiété, l’argumentatif,… Oui, des textes de qualité alliage du style littéraire et journalistique, œuvre d’un savoir-faire d’une personne dont la vie est vouée à l’écriture. Metref vient, en ces chaudes journées d’aout, poursuivre son périple qu’il avait interrompu contraint par le temps et les caprices de la nature. Les intempéries d’alors, les rafales de neige avaient terriblement dérangé l’auteur sans toutefois le décourager. Il suivait son programme sous un déluge de pluie aussi bien à Akbou qu’à Tazmalt par exemple. Régions du Sahel béjaoui, Seddouk, Ighjil-Ali entre autres de la vallée sont l’itinéraire d’Arezki Métref. Entrecoupé, agrémenté par des signatures de l’ouvrage « Kabylie story », à Akbou notamment le mardi 3 aout au niveau des établissements Bouyahia, connus sous le nom de la maison du livre Mohamed Haroun, face au lycée Hafsa. Arezki Métref n’est pas à son 1er ouvrage. Il n’a pas à être présenté, jouissant d’une renommée hors frontière que lui a valu son long parcours. Journaliste, dès l’âge de 18 ans à l’Unité, Parcours Maghrébins, Algérie Actualité, Horizon, l’Hebdo Libéré, avant de créer avec Tahar Djaout et Abdelkrim Djaâd, l’hebdomadaire indépendant Rupture en janvier 1993 dont il était le rédacteur en chef. L’assassinat de Tahar Djaout le poussa à l’exil en France en janvier 93. Dès lors, il collaborera au quotidien londonien « The Guardian », ainsi qu’à diverses revues (Maghreb-Marakech, Panoramique, rubrique Monde de l’hebdo Politis,… Arezki Metref est aussi un conférencier de qualité qui s’exprimera longuement, tant en France qu’ailleurs dans le monde, sur l’Algérie qu’il portera toujours dans le cœur. Il est aussi poète, romancier, essayiste, dramaturge,… peintre aux réalisations artistiques de qualité. Parmi ses écritures théâtrales, « Priorité au Basilic (éd-Domens 97), diffusée sur France Culture le 23 mars 98, créée au théatre les déchargeurs, à Paris et reprise à Avignon en 99 Jouée depuis à Paris (en Banlieue et en province). Il y aussi « L’agonie du Sablier » (Domens 2003), créée un théâtre de la Passementerie en 1999. « La nuit du doute » (Domens 2000), « L’amphore » (Nov-2002, Domens) créée en confluence à Paris en Nov 2002,… C’est là juste, succinctement, quelques étapes du long et très riche parcours d’Arezki Metref. D’autres œuvres, dans les différents domaines ou créneaux du monde de l’écriture, suscités, font le palmarès de l’écrivain journaliste. Akbou, Béjaia toute entière, a reconnu la perle rare et elle l’apprécie à sa juste valeur. Sa présence dans la contrée est un honneur, un… privilège à ne pas rater.
Taos Yettou
