Le bastion des futurs champions

Aidé par le directeur de la maison de jeunes de l’époque M. Nafaâ Khobzi et Mohand Imarzoukène (judoka), Meziane s’est lancé comme défi. « Je voulais faire de ma commune, un pôle de judo. J’ai vu ce qui se faisait un peu partout à travers les autres communes de la wilaya comme Ouadhias, Béni Douala… alors je me suis dit pourquoi pas chez moi à Tizi-Rached », nous confie l’homme à tout faire au niveau de la section, aujourd’hui composée d’une centaine d’athlètes répartis sur toutes les catégories. « J’ai débuté en 1997 avec seulement cinq athlètes. C’est pour vous dire le chemin qu’on avait parcouru pour arriver aujourd’hui à ce nombre important de pratiquants », enchaîne notre jeune entraîneur qui ne recule devant rien, malgré les différentes embûches rencontrées par moments. « C’est vrai que cette saison la section bénéficie de tous les moyens nécessaires depuis la venue de la nouvelle équipe à la tête du CSA, mais, croyez-moi, les années d’avant, la section a été livrée à elle-même au point où on avait failli mettre les clefs sous le paillasson ». En effet, on a constaté de visu l’infrastructure de très bonne qualité dont bénéficie la section. Une salle spacieuse avec un tatami aménagé au niveau du stade communal, qui n’a rien a envier aux meilleures du pays. « Au départ, on s’entraînait au niveau de la maison de jeunes, mais depuis 2001, on a bénéficié de cette salle qui répond à toutes les normes pour la pratique », nous lance avec fierté notre interlocuteur qui a eu cette réponse lourde de sens à notre question sur les objectifs de sa section « Vous savez, en Algérie, une règle est établie dans la judo. Seuls les clubs nantis à l’image du MCA peuvent prétendre aux titres chez les seniors. Regardez ou sont partis nos meilleurs athlètes kabyles enfantés par les équipes des Ouadhias et Béni Douala. Les Mekzine, Latrous, Hadid, Azoue… actuellement internationaux ont quitté leurs clubs en Kabylie pour continuer chez les meilleures équipes à Alger. Donc avec le peu de moyen qu’on a ici, on tente de former les futurs champions ». Mais, est-il normal de former pour les autres ? « Que voulez-vous, j’aime bien voir mes jeunes athlètes ou ceux des autres clubs de la Kabylie profonde décrocher des titres en seniors, mais dans l’état actuel des choses, c’est de l’utopie », rétorque celui qui s’est fixé un objectif à long terme « A Tizi Rached, l’engouement des enfants pour la pratique du judo ne cesse de croître. C’est pour cette raison que nous avons fixé un objectif : former des futurs champions même s’ils le seront avec d’autres clubs plus huppés à l’avenir ». Dans les propos de Meziane, on a compris que le plus important est de permettre au plus grand nombre de jeunes de Tizi Rached de s’initier à ce sport qui incarne tout ce qui est opposé à la violence. « Le sport est une culture et le judo est le meilleur remède pour faire de nos jeunes des citoyens immunisés de tous les vices ». Même si la pratique du judo a été quelque peu méconnue chez les sportifs de Tizi-Rached, celui qui a vulgarisé cette discipline n’a pas oublié de faire appel au premier pratiquant de judo dans la commune afin de présider honorifiquement la section. Il s’agit de Mohand Khemar qui malgré le poids des ans n’a rien perdu de son agilité d’antan. Aux côtés de Malik Boudiaf (président de section), Hocine Samir (secrétaire général), Ramdane Kaddour (trésorier) et Nacer Meziane (conseiller en sport), les judokas de Tizi-Rached s’adonnent à leur discipline favorité avec comme unique objectif : offrir un jour un titre suprême à leur commune qui ne compte à son palmarès qu’une troisième place arrachée en championnat regional en 2001 par Ziad Messaoui. Mais la section OTR reste fière de son traditionnel tournoi, du 20 avril. La sixième édition qui a eu lieu il y a quelques jours a vu la participation des meilleures écoles de Tizi Ouzou avec comme invité d’honneur un athlète kabyle exerçant en Allemange. Il s’agit de Terzi Mohand, sacré dans la catégorie des 81 kg. Le tournoi a été une grande réussite de l’avis de tous les clubs participants. « Nous espérons faire de ce tournoi du 20 avril, le grand rendez-vous du judo kabyle », conclut M. Meziane sur un air optimiste.

A. C.