Flambée des prix des fruits et légumes

Tout comme chaque année, l’avons-nous constaté, à quelques jours du mois de Ramadhan, les prix flambent. Effectivement, si les pénuries des produits les plus demandés, tels l’huile de table ou le lait pasteurisé sont entièrement bannies, il n’en est pas de même pour les viandes et les légumes. Jeudi, jour de marché hebdomadaire, nous avons fait une virée au marché des fruits et légumes. Premier constat : Les prix ont subi une hausse sensible si bien que les clients redoutent un mois de carême difficile. A titre d’exemple, la tomate cédée jusque là vingt dinars a été affiché à soixante dinars, la carotte dont la qualité laisse à désirer (dernier choix) à quarante dinars. La liste est encore longue. Quand aux fruits, ils ne sont plus abordables pour les bourses moyennes. Même la pastèque ou le melon vendus, il y a quelques jours à la pièce, ont disparu des étals. Les petites quantités exposées n’ont pas échappé à la nouvelle loi. Détour du côté des viandes : quelques clients s’affairent à s’en approvisionner avant le premier jour du mois sacré. A ce niveau, les bouchers craignent que leur activité ne ralentisse. « Le bétail coûte trop cher, notamment cette année en raison du manque de fourrage. Cela sous-entend que les prix vont subir une hausse. Il ne faudra pas aussi oublier que la commercialisation des viandes importées et congelées nous a énormément freiné ces deux dernières années », nous a confié un boucher de la place du marché. En effet, à Draâ El Mizan, pas moins de cinq boucheries sont spécialisées dans la vente de ces viandes. Là encore, faudra-t-il le souligner, celles-ci constituent une aubaine pour les petites bourses. D’ailleurs, elles ne désemplissent pas en raison des prix qu’elles affichent pour leurs produits (300 dinars pour la viande avec os, 450 dinars pour le steak). « C’est une chance pour nous d’avoir ces boucheries. Je vous assure que ces viandes ont le même goût que les viandes locales. Je peux dire qu’elles ne présentent aucun danger pour notre santé car elles sont fiablement contrôlées », tel est l’avis d’un citoyen habitué de ces lieux. Si les viandes rouges risquent de subir des augmentations, le poulet a déjà subi cette hausse. Le prix du vif a atteint 260 dinars avant le jour J. Etant un mois de gourmandises par excellence, les victuailles et plus précisément, la zalabia n’échapperont pas à cette flambée surtout lorsque l’on sait que le prix du sucre n’a pas connu de baisse. En plus de l’ancien « Tunisien » qui prépare les gâteaux orientaux, d’autres commerçants se convertissent à cette activité qui attire beaucoup de clients en dépit de la cherté de ces produits. Cela étant, le Ramadhan de cette année s’annonce difficile comme tous les autres sauf peut-être sur le plan sécuritaire où l’on nous signale une accalmie.

Amar Ouramdane