Prévue initialement au début du mois de septembre passé, la foire agricole de la wilaya de Bouira se déroulera du 3 au 6 octobre. Plusieurs institutions intervenant dans le secteur de l’agriculture seront représentées à l’image de la direction des services agricoles, la conservation des forêts, la chambre de l’agriculture de Bouira, la banque de l’agriculture et du développement rural, le parc national du Djurdjura, la Safa Zaccar (entreprise de travaux forestiers),…Ce Salon de l’agriculture se veut une vitrine de l’économie agricole de la wilaya. En effet, le territoire de la wilaya de Bouira, qui s’étend sur une superficie de 4500 m2 est réputé comme étant à vocation agricole et ses terres sont à haute valeur agrologique. La surface agricole utile (SAU) représente 179 000 hectares tandis que la superficie occupée par l’agriculture y est de 291 500 hectares. Les parcours occupent environ 19% du territoire, soit une superficie de 85 462 hectares. Le patrimoine forestier, lui, représente quelque 120 000 hectares répartis sur le Djurdjura, les Bibans, le Titteri et l’Atlas blidéen. Ces massif relèvent administrativement de deux directions : La conservation des forêts et le parc national du Djurdjura. Connue surtout comme zone céréalière à haut potentiel productif sur les plaines et les plateaux d’El Esnam et Aïn Bessem, la wilaya de Bouira assume mal cette vocation, particulièrement ces deux dernières années où la production céréalière a été compromise par la maladie de la rouille (2004) et par une sécheresse printanière (2005). De même, les bonnes méthodes culturelles et la technicité sont très modestement utilisées, ce qui se traduit par des rendements modestes, parfois très faibles. Dans le cadre du plan national du développement agricole (PNDA) lancé par le ministère de l’Agriculture à partir de l’année 2000, Bouira a bénéficié de différents programmes tendant à revitaliser l’activité agricole par le renforcement des capacités d’intervention des agriculteurs. A ces derniers, différents soutiens ont été accordés à partir des dispositifs du FNRDA, des concessions agricoles, du plan de soutien à la relance économique, des projets de proximités (PPDR),…etc. Sur un autre plan, le programme de mobilisation des ressources hydriques lancé par le ministère des Ressources en eau à travers les grands ouvrages hydrauliques ne manquera pas d’influer, dans un avenir proche, sur le secteur de l’agriculture. En effet, outre le barrage de Oued Lakhal, opérationnel depuis 1984 et qui sert à l’irrigation du périmètre des Aribs (Aïn Bessem, Bir Ghebalou), les deux nouveaux barrages (Tilesdit et Koudiat Acerdoun) permettront, dans quelques années, la création de périmètres irrigués dans la vallée de l’Oued Sahel (M’chedallah et Bechloul) et dans la vallée de l’Isser (Lakhdaria). Les objectifs visés par cette dynamique sont l’augmentation de la production et la diversification des activités agricoles de façon à limiter la dépendance vis-à-vis de la céréaliculture en sec. Il s’agira d’accompagner les agriculteurs dans de nouveau créneaux tels que les maraïchages, l’arboriculture irriguée et l’élevage intensif. Actuellement, les projets de proximité de développement rural mis en œuvre depuis 2003 touchent une vingtaine de localités. Certains sont gérés par la conservation des forêts (11) et d’autres (10), situés sur la frange sud de la wilaya, sont pris en charge par le haut commissariat au développement de la steppe (HCDS). De même, un projet d’emploi rural cofinancé par la banque mondiale sera mis en œuvre, probablement au cours du mois prochain, dans onze communes du sud et s’étalera sur cinq ans. ll est doté d’une enveloppe financière de 126 milliards de centimes. En tout cas, les perspectives tracées à l’agriculture dans ses différentes facettes dans la wilaya de Bouira semblent prometteuses. Pour réduire le taux de chômage qui ronge les zones rurales, permettre le retour des populations qui ont fui leurs foyers au cours de la dernière décennie et participer à une politique rationnelle de l’aménagement du territoire, le secteur agricole se révèle comme étant le moteur de la croissance économique et, partant, le meilleur investissement à consentir dans le vaste territoire de la wilaya de Bouira.
Amar Naït Messaoud
