Quelle finalité pour le secteur ?

Si l’immense territoire de la wilaya de Bouira semble se prêter plutôt à la vocation agricole, il n’en demeure pas moins que les agriculteurs eux ne sont pas tout à fait disponibles à faire de leurs exploitations des fermes agricoles dignes de ce nom. C’est tout au moins le constat que l’on peut tirer de la campagne agricole 2004-2005 où la récolte céréalière n’a pas été aussi abondante que l’on pouvait l’espérer. Le manque de professionnalisme de certaines personnes qui s’improvisent agriculteurs et l’absence de suivi sur le terrain des services de l’Agriculture sont en partie responsables de ce manque à gagner. Il est vrai que les différents soutiens accordés par le FNRDA visant à redynamiser le secteur se sont révélés une véritable aubaine pour les petits fellahs qui jusque là exploitaient leurs terres de manière archaïque et selon les aléas du climat. Mais cette agriculture à « l’ancienne » que l’on croyait révolue semble être toujours d’actualité malgré les moyens techniques mis à la disposition de ces agriculteurs. La plupart des fellahs ayant la fâcheuse tendance de compter sur les aides de l’Etat pour l’acquisition des semences, se retrouvent de ce fait souvent en retard pour la période des semailles. De même, le non respect des normes techniques telle que la préparation des sols, fait que de nombreuse récoltes sont pauvres voire même improductives. Pourtant, les services de la DSA de la wilaya sont en permanence à l’écoute des doléances de ces agriculteurs pour leur permettre un meilleur rendement à l’hectare, mais ces derniers préfèrent se plaindre à la dernière minute pour se faire rembourser plutôt que de suivre les normes planifiées. Cependant si la céréaliculture est confrontée à des problèmes dits techniques, il n’en est pas de même pour les autres secteurs telles la sylviculture et l’agriculture pastorale qui sont largement négligées par les agriculteurs. Pourtant on se rappelle que durant les années 2000 et 2001, le Parc National du Djurdjura avait encouragé les jeunes désirant investir dans l’apiculture et cet organisme avait remis plusieurs ruchers dans les communes limitrophes du Parc. Mais peine perdue puisque quelque mois après cette attribution, les abeilles ont déserté leurs ruches. Les potentialités d’investissement ne manquent pas en haute montagne mais jusqu’à présent personne ne s’est encore manifesté pour exploiter les immenses opportunités qu’offre la région, une région montagneuse, certes, mais qui se prête parfaitement à l’élevage des ovins, caprins et bovins. La plantation de chênes-lièges et autres arbres forestiers peut également s’avérer rentable dans ces zones déshéritées. La foire de l’Agriculture qui doit ouvrir ses portes demain, ne manquera pas de susciter un engouement certain de la part des jeunes agriculteurs désirant s’investir pleinement dans un domaine lucratif et prometteur.

Hafidh B.