La commémoration du 50e anniversaire de la Journée de l’immigration, célébrée chaque année, le 17 du mois d’octobre, est un devoir de mémoire et une manière de lutter contre l’oubli.
Les événements du 17 Octobre, plus connus sous la dénomination massacres d’Octobre 1961, demeurent une tache noire dans le registre de l’histoire de la colonisation française. Une tache noire qui a vu la disparition tragique de plusieurs centaines d’Algériens en France, mais qui n’a pas encore reçu, à nos jours, de reconnaissance officielle de la part des autorités françaises. Ces dernières ont même longtemps tenté d’ignorer et de masquer cette page sombre de l’histoire de la colonisation. En Algérie par contre, ces événements et les nombreux disparus sont, chaque année, commémorés à travers tout le territoire national, afin d’éviter l’oubli.
Ainsi, et en cette occasion historique, la Direction de la culture de la wilaya de Tizi-Ouzou prépare une commémoration à la hauteur de l’événement. Plusieurs activités sont prévues. Au niveau de la Maison de la culture Mouloud Mammeri, le coup d’envoi des festivités est prévu pour dimanche 16 octobre, avec des conférences qui auront pour thème le massacre d’Octobre 1961. Ces manifestations s’étaleront jusqu’au 19 octobre prochain. Ceci, en plus d’expositions où l’on pourra voir de nombreuses photographies, articles de journaux et livres relatant les événements du 17 Octobre 1961. Ces manifestations auront lieu grâce à la contribution de la Direction de la culture de la wilaya de Tizi-Ouzou, de la Maison de la culture Mouloud Mammeri et du Théâtre régional Kateb Yacine avec le musée El Moudjahid, la Fédération des fils de chahid et l’Organisation nationale des moudjahidine. Par ailleurs, d’autres conférences sont annoncées, pour la même occasion, ici et là dans d’autres établissements.
Au niveau de la faculté des sciences humaines et sociales, une conférence est prévue, pour demain, autour des événements du 17 Octobre 1961, elle sera animée par Taileb Mahfoudh, président de la fédération des fils des chahid. Ceci, alors qu’au niveau de la cité universitaire de Bastos, une conférence sous le thème : » Massacre d’Octobre 1961, Papon la honte ! « , sera animée par Youcef Idris, journaliste et auteur, en plus d’une représentation théâtrale intitulée Igrawliwen, de la troupe Itij D’Wagur de Maâtkas. D’autres conférences ainsi que des visites aux moudjahidine malades sont également prévues au niveau des localités de Maâtkas, Azazga, Illilten, Ouadhias, Draâ Ben Khedda, Mekla et Boghni.
Aussi, un rassemblement est prévu devant le monument des Martyrs, sis à M’douha, le lundi 17 octobre. La levée des couleurs, la lecture de la fatiha et le dépôt d’une gerbe de fleurs, en plus d’une chorale, sont au programme.
Cette date, rappelons-le, fait partie des nombreuses autres ayant marqué l’histoire de l’Algérie et son passé révolutionnaire. Il y a 50 ans, le 17 Octobre 1961, les forces de police, sous les ordres du préfet Maurice Papon, réprimaient avec une brutalité meurtrière injustifiée une manifestation pacifique des Algériens en France.
Ces derniers sont sortis afin de clamer, de façon pacifique, leur soutien à leurs frères en Algérie, et défendre ainsi le droit à l’égalité et à l’indépendance du pays. Le bilan fut dramatique, on parle de plusieurs centaines de morts, noyés dans la Seine ou tabassés à mort et de milliers d’arrestations,
T. Ch.

