Suite aux émeutes qui ont secoué la semaine dernière la commune de Bir Ghbalou après l’affichage de la liste de 102 logements sociaux, une commission d’enquête a été installée par le wali de Bouira aux fins de faire la lumière sur les dessous de cette affaire qui avait défrayé la chronique à Bouira.
L’annonce a été faite mercredi par le premier magistrat de la wilaya, lors de la troisième session ordinaire de l’APW, tenue le 11 et le 12 octobre dernier. Ali Bouguerra affirmera à ce propos que la liste rendue publique a été gelée. Il expliquera que le logement social sera exclusivement attribué aux plus méritants.
A noter que les élus de l’assemblée de wilaya ont largement commenté l’affaire, en citant des cas de dépassements.
Un élu évoquera notamment le cas d’un bénéficiaire exerçant une profession libérale. Toujours en commentant cette affaire, des élus s’en sont violemment pris à la presse locale qu’ils ont accusé de vouloir jeter de l’huile sur le feu. Situation qui n’a pas manqué de susciter la réaction d’un élu de l’opposition qui a vu dans ces attaques contre les journalistes une violation des principes de la liberté d’expression. Le wali a vite remis les pendules à l’heure en prenant lui également la défense des journalistes en disant que les critiques constructives de la presse sont toujours les bienvenus. » Ce n’est pas de nos habitudes de critiquer le travail des journalistes. La presse est notre partenaire et elle nous éclaire souvent et sa critique est toujours la bienvenue « , a précisé le wali de Bouira.
L’EPH Mohamed Boudiaf sans gynécologue
Lors des débats consacrés au divers mercredi à la plénière, un élu de l’APW a soulevé de nombreux problèmes au sein de l’EPH Mohamed Boudiaf de la ville de Bouira. L’élu a déploré l’absence d’un gynécologue dans le service maternité de l’hôpital. Même s’il a reconnu une amélioration sensible dans cette structure hospitalière surtout sur le plan de l’hygiène, cet élu trouve tout de même problématique l’absence d’un gynécologue au sein d’un hôpital de la taille de Mohamed Boudiaf, au moment où les EPH de M’chedallah et de Lakhdaria disposent eux respectivement de 2 et 3 gynécologues. Pour cet élu, il est impératif d’assurer une permanence au sein de l’EPH de la ville de Bouira. Toujours à propos de ce dernier, l’orateur parlera de près de 700 accouchement par césariennes accomplis au sein du service maternité de l’EPH. Pour lui, ce service fait face à une surcharge des plus accrus.
Dans son intervention, il s’interrogera sur le retard mis pour réparer la radio au niveau de cet EPH. Il reviendra également sur le problème du scanner. A ce propos, il dira que le technicien chargé de ce matériel o combien important assure le service 2 fois par semaine. D’où l’absolue nécessité de recruter un technicien permanent pour assurer le fonctionnement du scanner tout au long de la semaine.
EPH de Lakhdaria : Trois ORL se la coulaient douce
En réponse aux interrogations des élus, le wali de Bouira a reconnu l’existence de lacunes dans le secteur de la santé. Ali Bouguera citera le cas de l’EPH de Lakhdaria qui disposait dans la seule spécialité ORL de trois (3) médecins spécialistes. Un personnel payé par l’argent du contribuable à ne rien faire, selon le wali. Il indiquera à ce titre qu’il avait diligenté une commission d’enquête au niveau de cet EPH, à l’issue de laquelle le directeur a été relevé de ses fonctions.
« L’ONA défaillante, l’ADE peut mieux faire et Algérie Telecom, un secteur qui ne bouge pas »
. Lors de son intervention devant les élus de l’APW à la clôture des travaux de la troisième session de l’APW, le wali de Bouira n’a pas été tendre avec les responsables de certains organismes étatiques et leur manière de gérer leurs secteurs respectifs. Ainsi, à propos de l’Office national de l’Assainissement (ONA), il dira que celui-ci est complètement défaillant. Une défaillance qu’il incombera au fait que cet organisme est récent. S’agissant de l’Algérienne des Eaux (ADE), Ali Bouguera reconnaîtra les difficultés de celle-ci notamment dans la gestion des réseaux AEP. Il citera à ce propos l’exemple de la source de Lainser Averkane sise à Saharidj, alimentant presque toutes les communes de la daïra de M’chedallah où beaucoup de défis restent à relever, notamment en matière d’approvisionnement en eau des populations locales. M Bouguera se glissera dans la peau d’un instituteur en faisant cette observation : » l’ADE peut mieux faire ! » Poursuivant ses remarques, le wali s’est carrément emporté en évoquant le secteur des télécommunications. A l’adresse du directeur d’Algérie Télécom qu’il a sévèrement rappelé à l’ordre, il soutiendra que ‘’son secteur ne bouge pas’’. Le premier magistrat de la wilaya dira que le secteur continue d’être gérer avec des réflexes classiques, en décriant la gestion centralisée d’AT.
Pour étayer ses propos, le wali citera le projet de la fibre optique. En effet, et en dépit des sommes colossales allouées par la wilaya aux communes pour la réalisation du réseau de la fibre optique, le projet peine à se concrétiser sur le terrain de la réalité. Les perturbations récurrentes sur du réseau téléphonique dont se plaignent les usagers d’AT, en est une des grandes défaillances relevées dans ce même secteur.
Pour le wali, il est inconcevable que dans une wilaya disposant d’une station terrienne de communication par satellite, en l’occurrence celle de Lakhdaria, des usagers du téléphone fixe aient du mal à communiquer normalement. Au vu de cette situation chaotique, le directeur d’AT a été sommé de préparer un plan d’action, à même de rattraper le retard constaté et combler les lacunes du secteur.
D. M.
