Ils exigent la réintégration des fonctionnaires suspendus par le directeur – Plusieurs centaines de syndicalistes se sont rassemblées, hier à l’hôtel El Aurassi

Voulant dénoncer “le harcèlement moral et physique», dont ils sont victimes de la part de leur direction, plus d’une centaine de fonctionnaires de l’hôtel El Aurassi d’Alger s’est vue signifier par la direction de l’établissement sa suspension pure et simple.

Depuis, les fonctionnaires suspendus par M. Lamri, premier responsable de l’hôtel, ont organisé plusieurs actions pour arracher leur réintégration, mais en vain.

Devant l’inflexibilité de la direction, ces fonctionnaires ont décidé d’abord, d’occuper le jardin de l’hôtel avant d’occuper le parvis de la Centrale syndicale, et ce, depuis plus d’un mois. Après des tentatives d’instaurer un dialogue entre les fonctionnaires suspendus et la direction, sous l’égide de l’UGTA, toutes les voies se sont montrées impénétrables devant l’intransigeance de la direction.

Pour hier, un rassemblement d’un millier de personnes, tous syndicalistes affiliés à l’union locale de l’UGTA d’Alger, a eu lieu pour exiger la réintégration des fonctionnaires suspendus.

C’est depuis 9h30 du matin que des dizaines de syndicalistes et cadres syndicaux affluaient déjà vers l’hôtel El Aurassi pour soutenir leurs camarades suspendus “abusivement”.

Banderoles et autres affiches appelant à la réintégration des fonctionnaires et autres pour exiger le départ de la direction ornaient les jardins et l’entrée principale de l’hôtel.

Pour ces syndicalistes, il est de leur devoir “de venir soutenir ces travailleurs contre cet abus de pouvoir”. Un autre se demandait, au fait, “sur les appuis de ce directeur qui ne reconnaît ni les lois ni les responsables de ce pays”. Un autre enchaîne dans le même sens, mais avec une dose d’accusations graves, en déclarant que ce monsieur, (M. Lamri ndlr) “est soutenu par les barons qui vivent gratuitement à l’hôtel”.

Pour les autres syndicalistes présents à l’hôtel, cette action “s’inscrit dans le cadre de la solidarité avec les syndicalistes et les 105 fonctionnaires licenciés arbitrairement”. Elle est aussi une suite, ont-ils ajouté “au refus de l’administration d’ouvrir un dialogue constructif avec le partenaire social», et d’indiquer que la direction “persiste dans son entêtement à fermer les portes du dialogue, qui selon notre organisation, demeure la seule issue pour lever toutes les équivoques et trouver des solutions à tous les problèmes”. Selon les travailleurs suspendus, “le patron de l’UGTA nous a soutenus dans cette action», car, “il nous a donné des assurances quant au règlement de ce problème avec cette action”. Selon l’un des fonctionnaires, “cette action sert d’ultimatum à la direction pour régler définitivement le problème», sinon d’autres “actions plus radicales seront entreprises la semaine prochaine si la situation reste en l’état”.

Lors du rassemblement, la direction de l’hôtel a fermé toutes les issues de l’établissement, interdisant même aux fonctionnaires toujours en poste de sortir.

D’autres actions sont prévues dans les jours qui viennent. Le départ de la direction actuelle de l’établissement serait ainsi, un préalable à toute négociation, affirment les grévistes qui continuent toujours d’occuper, avec d’autres fonctionnaires de l’ETUSA, l’entrée principale du siège de l’UGTA à Alger…

M. Mouloudj