Plusieurs quartiers de la partie basse de Béjaïa-ville, ont été submergés par les eaux pluviales dans la nuit de jeudi à vendredi, révélant au grand jour et, pour la énième fois, les tares de la cité.
Les trombes d’eau dévalant de la partie haute de la ville et charriant divers détritus ont vite obstrué tous les collecteurs des eaux pluviales du centre-ville avant d’envahir les rez-de-chaussée des immeubles, notamment au niveau de la cité Tobbal. Les habitants de ce quartier étaient pendant plus de dix heures, dans la nuit de jeudi à vendredi, sur le qui-vive, craignant une subite montée des eaux. Dans cette cité ce sont pratiquement toutes les boutiques qui ont été envahies par les crues. « Nous dormons la peur au ventre à chaque intempérie. Nos maintes requêtes auprès des services concernés sont restées sans suite. Et pourtant, d’aucuns savent que les inondations menacent nos habitations. Et on en a déjà connu », tempête l’un des sinistrés de Tobbal. Alors que des résidants s’affairaient à évacuer les eaux de leurs habitations, des agents de l’APC de Béjaïa ont été dépêchés hier au niveau dudit quartier pour désobstruer les collecteurs des eaux pluviales et dégager les ruelles des amoncellements de boues et autres détritus charriés la veille. Vivant dans des habitations menaçant ruine, les résidants du quartier Bab Elouzz, sur les hauteurs de Béjaïa, ont eux aussi, passé une nuit d’enfer, aggravée par une coupure intempestive du courant électrique. Des infiltrations d’eau ont affecté des dizaines d’habitations de ce quartier au regard de la vétusté du bâti qui remonte à une lointaine époque. Ils craignent en outre, que l’imminente saison des pluies rende leurs nuits hivernales insupportables, d’autant que leur demande récurrente d’être relogés demeure insatisfaite jusqu’à maintenant ! Une section de la RN 12 a été par ailleurs, coupée à la circulation au niveau d’Oued Ghir hier matin. Elle a été submergée par les crues suite à la montée subite des eaux de l’Oued Soummam. Hormis des dégâts matériels, les pluies torrentielles qui sont tombées sur Béjaïa n’ont fait aucune victime, selon la Protection civile. En l’espace de douze heures seulement, les cumuls des pluies diluviennes qui se sont abattues sur le chef-lieu de la wilaya et les régions voisines ont dépassé les 50 millimètres, indique le service météorologique de l’aéroport Abane Ramdan de Béjaïa. Alors que la menace est bien réelle, le projet portant protection de la ville de Béjaïa contre les inondations est toujours un discours d’intention. Selon les termes d’une étude réalisée début 2000, outre la protection de la ville de Béjaïa, il est aussi question de protéger la zone d’Aboudaou, Iryahen, Sidi Ali Lebhar et Tala Hamza ; des régions hautement inondables. Les premières estimations en termes de dinars sonnants et trébuchants pour l’exécution de cette étude sont de l’ordre de 7 milliards de dinars, éventuelles indemnisations comprises. Les intempéries d’octobre 2007 avaient occasionné des dégâts estimés à plus de 1447 179 000 DA, tous secteurs confondus.
Dalil S.

