Le secteur de la culture connaît une régression à Boghni, surtout depuis la fermeture de la salle de cinéma au public, suivie, quelques années après, de la fermeture du point de vente de livres de l’Office des publications universitaires OPU. Ces deux lieux d’animation culturelle, ont été fermés pour des raisons purement commerciales, en l’absence d’une politique de sauvegarde des biens communaux. La salle de cinéma devait servir à la diffusion de la production cinématographique, nationale et étrangère, comme ce fut le cas dans les années 70 et jusqu’au aux années 80, avec le maintien d’une bonne cadence de projection de films, dont certains faisaient partie, à l’époque, des chefs d’œuvre du 7éme art.
De plus, les étudiants et les férus de la lecture avaient leur espace pour découvrir les nouveautés du monde de l’édition, surtout nationale, avec la sortie de publications servant d’outil de travail dans diverses filières et spécialités, notamment les sciences sociales et les livres de vulgarisation de certaines sciences tels que la physique et les mathématiques. Comme le hasard faisait de bonnes choses, des fois, la salle de cinéma et la structure de l’OPU étaient abritées au niveau d’un même bâtiment, celui faisant face au jardin public, ce qui a fait de la rue le jouxtant l’un des plus animés de la ville de Boghni. Malheureusement, avec les changements survenus dans le paysage de l’audiovisuel, l’abandon du soutien de l’état à la diffusion des œuvres cinématographiques, le manque de spectacles, plus particulièrement les pièces théâtrales, la salle de cinéma pouvant accueillir plus de 600 personnes, a subi le même sort que le point de vente de livres, la fermeture définitive au milieu des années 90, après une tentative sans succès d’exploitation de la salle par un privé. De ce fait, l’absence d’activités et le manque d’entretien à l’intérieur de la salle, construite en respectant les normes d’une structure d’accueil de spectacles, a contraint les autorités locales à ne plus l’exploiter faute de repreneur et d’intérêt du large public pour le cinéma, d’autant plus que la télévision offrait des choix multiples. Au demeurant, l’exécutif communal, en puisant du budget de la municipalité compte bien relancer, au moins, la salle de cinéma en lui réservant une opération de rénovation scindée en deux tranches, dont la première a débuté avec des travaux d’étanchéité et à l’intérieur de la salle, en attendant le renouvellement des sièges. Sur un autre registre, la commune attend, aussi, l’achèvement de la bibliothèque communale pour créer un espace de lecture au centre ville. A signaler, enfin, que des associations, à l’instar de l’association culturelle « vie », sont prêtes à collaborer avec l’APC, qui pourrait leur offrir l’occasion d’exploiter la salle de cinéma après sa réouverture, pour relancer les activités culturelles, théâtrales et musicales.
M. Haddadi

