Promue chef- lieu de daïra lors du découpage administratif de 1974, la commune de Kherrata qui comprend une population de près de 36 000 habitants et une superficie totale de 91 km2, est distante de Béjaïa, chef-lieu de wilaya, de 60 km.
Le développement socioéconomique consenti au profit de cette collectivité locale dont les efforts demeurent toutefois insuffisants eu égard aux défis présents et futurs auxquels doivent faire face les autorités locales pour répondre aux besoins de la population dans tous les secteurs d’activité.
Cela fait apparaître que parmi les priorités constatées figure celle relative au domaine de l’alimentation en eau potable par la mobilisation des sources existantes, leurs captages, la réalisation des réseaux de distribution à travers tout le territoire de la commune pour assurer la disponibilité en eau potable de la population.
Mais en dépit des efforts déployés en faveur de ce secteur stratégique, ils demeurent néanmoins insuffisants pour assurer la satisfaction des besoins qui se font de plus en plus sentir en raison de l’accroissement de la population mais aussi pour faire face à une consommation à prévoir à court et moyen terme qui se traduira par la réalisation des programmes de construction des divers équipements publics et de l’habitat en cours ou à venir. Pour ces raisons, il est opportun de mobiliser d’ores et déjà les potentialités en ressources hydriques existantes dans la commune susceptibles d’être exploitées, d’en assurer leurs utilisations rationnelles en prévoyant par la même la rénovation des conduites d’AEP défectueuses particulièrement au niveau du centre- ville et des quartiers environnants dont l’état de certains réseaux constitue l’une des causes principales des déperditions de ce liquide précieux.
Cette mobilisation en eau peut se faire à partir du barrage d’Ighil Emda situé en amont du centre de la ville de Kherrata , distant de 2 km environ s, par un transfert d’un débit conséquent, dont l’opération nécessite toutefois des investissements par l’installation d’une station de traitement , la construction de réservoirs d’eau et la mise en place de conduites d’alimentation et des réservoirs de stockages comme ce fut le cas pour la commune de Draâ El-Gaid dont un projet d’alimentation en eau potable est en voie d’achèvement, ceci dans le cadre du transfert d’une partie de cette eau vers la wilaya de Sétif dont la conduite d’approvisionnement traverse le territoire de cette même commune. Une opération de grande importance, réalisée dans le cadre du programme sectoriel qui, selon les informations données à ce sujet ,qui serait unique en son genre sur le territoire national, a bénéficié d’une enveloppe financière de 100 milliards de centimes et sera réceptionnée prochainement permettra d’assurer l’alimentation en eau potable de l’ensemble des localités de la commune et pratiquement tous les équipements, installations sont mis en place notamment la prise d’eau flottante à partir de la surface du barrage, la station de traitement monobloc, 3 stations de pompage, la télésurveillance, 3 réservoirs de 1000 m3 chacun et 1 de 500 m3, l’alimentation en énergie électrique de tous les équipements et autres installations , il ne reste que la phase des essais ainsi que l’alimentation en eau potable de la population concernée puisque les réseaux de distribution existent déjà. De même que pour les réservoirs anciens qui feront l’objet de remplacement par de nouveaux ouvrages à capacités plus importantes et la construction d’autres pour les localités qui en sont dépourvues. En tout cas, le nombre de réservoirs prévus à construire dans le cadre du projet étant de 13 selon notre source dont 6 villages présentent un caractère prioritaire tel qu’il a été déclaré par le président de l’A. P. C de Draa -El- Gaid. Toujours à propos de ce projet, et d’après le chef de l’exécutif communal, la question qui se pose est de savoir qui se chargera de la gestion du projet après sa mise en service ? de même pour le personnel d’encadrement qui assurera le fonctionnement de ses installations ? Car cela exige un personnel qualifié et enfin qui prendra en charge les paiements des consommations en énergie électrique ? Autant d’interrogations qui demandent des réponses de la part des responsables concernés, et ce, avant la réception du projet.
C’est souligner la place stratégique qu’occupe le barrage d’Ighil Emda de Kherrata dans la région de par sa capacité de stockage en eau qui est de 155 000 000 m3 . Distant de 2 km seulement et en aval des oueds « Berd », « Atteba », « Tissemssilt » et d’ouled “Embarek», dont les apports en eau constituent les principales ressources d’approvisionnement durant toute l’année et d’autre part, assurent le fonctionnement de la centrale électrique d’Ighil Emda ainsi que l’usine hydro-électrique implantée dans la localité de Ighzer Oufis, dans la commune de Darguina, à 8 km de la ville de Kherrata dont la galerie d’amenée traverse le massif des Gorges du Chabet el Akra, mais et surtout la disponibilité en ressource en eau d’une façon permanente qui peut être mobilisée et exploitée pour la consommation comestible comme ce fut pour la commune de Draâ El-Gaid dont l’opération qui vient d’être réalisée et qui sera réceptionnée prochainement, contribuera à la satisfaction des besoins en eau des populations des différentes localités de la commune. Dans cette optique, il apparaît utile et bénéfique à plus d’un titre d’engager une réflexion quant à la possibilité de procéder à la soustraction d’un autre débit au profit du chef-lieu de la daïra pour répondre à ses besoins dans un proche avenir du fait que des potentialités existent au niveau du barrage d’Ighil Emda et ne demandent qu’à être exploitées et rentabilisées.
S. Zidane

