Les sénatoriales aiguisent les appétits

Ces sénatoriales auront à dégager des représentants du peuple au niveau de la dernière chambre parlementaire.

Ce corps électoral appelé à voter n’est autre que l’ensemble des élus deux APC et APW, que sont les grands électeurs.

A Tizi-Ouzou, l’agitation s’installe sérieusement pour être prêt le jour J, des manœuvres et des contacts s’établissent entre différents élus des différents partis politiques attendus dans la prochaine course.

Pour les 67 communes que compte la wilaya de Tizi-Ouzou, un total de 609 élus est comptabilisé pour tous les partis politiques siégeant au niveau des municipalités, auquel s’ajoutent plus de 30 élus indépendants et 47 élus à l’APW, pour donner un corps électoral global de 656 grands électeurs pour la wilaya, de Tizi-Ouzou.

Pour le rendez-vous du mois de décembre, il s’agit de briguer un seul poste de sénateur pour une mandature de 6 mois. A présent c’est le parti de Saïd Sadi le RCD qui l’occupe en la personne de Rachid Arabi en fin de mandature. Le RCD aura-t-il pour cette consultation de décembre, les moyens politiques et la force à mobiliser les élus, qui lui permettront de garder le poste à leur profit, dès lors qu’il constitue une tribune importante à exploiter et à capitaliser, même si la mandature passée n’a rien donné d’extraordinaire, si ce n’est des privilèges et avantages à l’élu en question. D’ores et déjà, le parti de Saïd Sadi a fait une fixation sur sa candidature, la désignation de l’actuel P/APW comme candidat, ne souffre aucun ambage. Sans consultation de la base militante, l’actuel P/APW est le seul choix de Saïd Sadi, qui continue de l’arroser pour services rendus et longévité dans la structure. L’organisation d’élections primaires au RCD n’auront pas lieu. Le RCD comptera d’abord sur ses propres élus à l’échelle de la wilaya, au nombre de 202, avec les tractations en cours avec le parti de Belkhadem, qu’il trouve toujours à la rescousse et ensuite sur la réédition du coup de théâtre des élections de 2007, où la présidence d’APW lui est revenue grâce au soutien politique et électoral du FLN. Du côté du parti de Belkhadem, les choses sont plus compliquées et laissent à penser que l’arbitrage du n°1 du parti s’impose de fait, au vu de la déconfiture qui règne dans la structure. Fragilisé, miné, le FLN à Tizi-Ouzou risque d’y laisser des plumes, une situation qui arrangerait à coup sûr les protagonistes de la consultation de décembre. Une importante fronde s’est formée dans les structures de Belkhadem, ou près de 54 kasmates sont en colère et s’insurgent contre la mouhafadha du FLN à Tizi-Ouzou. Des noms sont avancés pour la candidature du FLN à la consultation électorale de décembre, il s’agit de Metahri élu APW, de Hallou P/APC des Ouadhias et Hanouti membre de l’APW, tous trois échappant au contrôle du mouhafadha. De son côté, le mouhafedh Saïd Lakhdari, plus serein, rassure les militants de son parti.

Il annonce la tenue d’élections primaires au niveau du FLN, en présence des membres de la direction nationale du parti. Le choix du candidat du FLN pour les sénatoriales de décembre se fera dans la totale transparence et dans le strict respect des règles démocratiques, a martelé Saïd Lakhdari, mouhafedh à Tizi-Ouzou. Au RND de Ahmed Ouyahia, le bureau de wilaya semble attendre une consigne de la direction nationale. Les débats autour de la question sont très avancés dans la structure, à telle enseigne que le nom qui est ressorti comme candidature potentielle n’est autre que Akli Benmedjber membre de l’APW actuelle. Il était tête de liste RND à Tizi-Ouzou pour l’APN. La crise de candidature au RND, à même de gagner la bataille, a permis à l’actuel membre d’APW de focaliser autour de lui les élus de parti en comptant sur les élus d’autres formations politiques pour le soutenir en temps voulu. Le RND totalise 84 élus à l’échelle de la wilaya, un creuset électoral, par négligeable, qui peut lui assurer des chances. Le parti de Hocine Aït Ahmed semble déjà s’inscrire dans sa logique habituelle, de la non-satisfaction à ce scrutin par la présentation d’une candidature.

Les 189 élus dont il dispose au niveau des assemblées à Tizi-Ouzou, feront à coup sûr la différence et départageront les concurrents.

Les élus FFS n’auront aucun candidat de leur parti à soutenir, et iront peut-être jusqu’à ne pas respecter la consigne du boycott que le parti prépare à rendre publique.

Tous le jeu et l’enjeu de la prochaine élection de décembre s’articulent autour du comportement électoral et politique des élus FFS, auxquels revient la décision stratégique de l’issue du scrutin.

Khaled Zahem