«Nous sommes vraiment livrés à l’abandon, car depuis notre installation dans cette zone, voilà maintenant près de 30 ans, aucun projet digne de ce nom n’a été inscrit pour améliorer un tant soit peu, nos conditions de travail», relate avec une pointe d’amertume, un opérateur économique de cette ZAC.
La zone d’activité (ZAC) d’El Kseur, dont la création remonte à l’année 1982, se trouve dans un piteux état. En effet, ce pôle économique où active une pléthore d’investisseurs, versés essentiellement dans le segment de l’agroalimentaire, est dépourvue de la moindre commodité : accès étriqués, routes truffées de nid de poules, des mares d’eaux usées à ciel ouvert, absence de réseau de gaz naturel, éclairage défaillant…«Nous sommes vraiment livrés à l’abandon, car depuis notre installation dans cette zone, voilà maintenant près de 30 ans, aucun projet digne de ce nom n’a été inscrit pour améliorer un tant soit peu, nos conditions de travail», relate avec une pointe d’amertume, un opérateur économique de cette ZAC. Et d’ajouter : «Il ne faut pas oublier que cette zone d’activité fait vivre des milliers de familles, contribuant de manière conséquente à la fiscalité et produit de la valeur ajoutée, en pourvoyant le marché par des denrées alimentaires de base». Un autre investisseur privé qui a pignon sur rue dans la région parle, lui, de «l’incurie des pouvoirs publics, qui ne font que délimiter des terrains vagues, pour les appeler pompeusement zones d’activité», lâche-t-il, acerbe. Notre interlocuteur en veut pour preuve la séparation du site en deux parties par un cours d’eau, sans que la moindre passerelle ne soit aménagée pour faire jonction entre les deux berges. «Pour se rendre dans une unité industrielle située sur une centaine de mètres à vol d’oiseau, il faut faire un long détour en passant par la RN°9», fait-il remarquer. L’information communiquée par les autorités locales à l’occasion d’une visite effectuée par le wali, il y a deux mois dans la région, et consistant en la réhabilitation prochaine de cette ZAC, a été accueillie par un mélange d’indifférence et de scepticisme chez les opérateurs locaux : «C’est la sempiternelle promesse sans lendemain dont on nous rabat les oreilles depuis toujours. Tant que rien de concret n’est entrepris, nous restons dans l’expectative», nous dira un investisseur d’El Kseur, à l’évidence revenu de toute illusion. S’agissant du projet annoncé mais toujours attendu, il est question de l’affectation d’une autorisation-programme d’un montant de 140 millions de Da. Une provision budgétaire émanant des programmes sectoriels de développement et qui sera consacrée in extenso à la réhabilitation et à l’aménagement de la ZAC d’El Kseur.
N. M.

