Ces pluies qui se font si rares

l Soleil sans partage, calme anticyclonique, écarts thermiques « intersaisoniers » accusés… La région de Bgayet et le tell algérien d’une manière générale, sont-ils en train de se « départir » du climat méditerranéen relativement humide pour passer sous l’influence d’un climat de type continental. L’adoucissement du climat amorcé depuis plusieurs années, se poursuit inexorablement. Cette tendance au réchauffement, s’accompagne d’une baisse sensible du volume des précipitations. Les rares perturbations atmosphériques qui traversent la région ne générent qu’un simulacre de pluies. Le contraste entre les régimes pluviométriques d’il y a dix ans et ceux d’aujourd’hui est édifiant à cet égard. En effet, la wilaya de Bgayet a recueilli ces dernières années moins de la moitié et parfois du tiers des quantités habituelles de pluies (890 mm pour l’année 1990). Cette forte baisse de la pluviométrie est considérée à juste titre comme un « bruit de fond » très gênant, vu l’inpact de cette denrée précieuse, sur la consommation des ménages et son incidence directe, sur quasiment tous les secteurs d’activités économiques. Variabilité « interannuelle » ou phénomène cyclique, la sécheresse est une donne climatique, avec laquelle il faut désormais composer. Elle invite à une nouvelle approche dans la mobilisation des ressources hydriques et d’adduction d’eau potable. La rationalisation de la consommation, la lutte contre le gaspillage et la protection des points d’eau sont des impératifs vitaux qu’il faudrait mettre en place. Ils devraient permettre un usage aussi efficace que possible, ainsi que la sauvegarde de cette ressource naturelle de plus en plus rare. La plupart des zones rurales souffrent d’un sérieux manque d’approvisionnement en eau potable. La majorité des habitants n’y ont pas accès et ne disposent pas toujours d’installation pour l’évacuation des eaux usées. Dans les régions déshéritées les sources d’eau sont, soit insuffisantes, éloignées ou carrément inexistantes. Même si les taux de raccordement au réseau AEP est parfois appréciable, les besoins des ménages aussi bien en qualité qu’en quantité ne sont pas toujours satisfaits. En effet, les usagers se plaignent aussi bien de l’irrégularité de l’approvisionnement que de la qualité du liquide qui coule du robinet. De gros efforts d’investissements restent à faire en matière de mobilisation des ressources hydriques et de leur exploitation pour pallier le déficit en eau et en atténuer les retombées négatives.

Nacer Maouche