Où trouver l’argent ?

Cette question revient sur les lèvres de beaucoup de parents issus des couches défavorisées devant la cherté de la vie et surtout l’absence d’une prise en charge de la part des APE. En effet, la rentrée scolaire dans la commune de Melbou classée, par la cellule de proximité, parmi les régions les plus pauvres de Bgayet, est synonyme de véritable casse-tête, pour les parents les enseignants et les responsables du secteur qui n’arrivent pas à accorder les « violons » pour cerner les problèmes des « chérubins » et leur assurer une scolarité normale qui tend, avec le temps, à devenir une mission pratiquement impossible. et chaque début d’année, les mêmes couacs resurgissent ! Les parents, pris entre l’enclume et le marteau, trouvent de plus en plus de difficultés à offrir à leurs petits le nécessaire en habillement et affaires scolaires. Selon un témoignage recueilli, un petit calcul approximatif nous indique que les dépenses pour chaque enfants s’élévent, moyennement, à 7000 DA (chemise, pantalon, blouse. . ), au bas mot, entre l’habilement et les fournitures scolaires. La majorité des parents recourent à l’endettement comme ultime solution, et encore, ils n’arrivent pas à satisfaire les besoins essentiels de leurs enfants : « un lot de livres 3eme AM, coûte 2300 Da, un sac avec toutes les fournitures est acheté à 1500 DA sans compter les frais de restauration, le transport et l’habillement » nous a déclaré un père de famille désemparé, et d’ajouter : « Il m’est pratiquement impossible de faire scolariser tous les enfants… où à défaut, il va falloir jeûner des mois ? ». Pour les enseignants, la situation est peu reluisante ! Les années se succèdent mais, malheureusement, se ressemblent. « On ne peut, en aucun cas, présenter un cours aux élèves sans que ces derniers soient munis de leur matériel, notamment les livres scolaires », nous a déclaré un enseignant au seuil de la retraite. Devant l’inertie du mouvement associatif à l’égard des parents d’éléves, les enfants issus des familles pauvres, des différentes régions de Melbou, ne savent plus à quel saint se vouer pour faire part de leurs souffrances et demander une éventuelle aide afin de pouvoir poursuivre leur scolarité convenablement. Ils attendent, néanmoins, une prise en charge de la part des pouvoirs publics : « Mon professeur m’a demandé les affaires scolaires ainsi que le livre que je ne peux pas me procurer », nous a confié un collégien, orphelin de père, qui ajoute : « Je dois poursuivre ma scolarité car c’est la seule issue à la misère que je vis avec ma mère et mes sœurs depuis le décès de mon père ». On a beau parler et entendre des caravanes de sensibilisation contre les maladies, mais avons-nous pensé aux caravanes de recensement des enfants « pauvres » dans les établissements scolaires ? Seul celui qui a les pieds sur les braises ressent vraiment la douleur. A bon entendeur !

Rabah Zerrouk