Saharidj A cause d’un manque flagrant d’entretien – Le chef-lieu communal se clochardise

Aucun ouvrage ou équipement d’accompagnement n’est épargné par la dégradation tous azimuts, c’est à croire que cette commune est désertée par ses gestionnaires.

L’ensemble des caniveaux d’évacuation des eaux pluviales sont obstrués, envasés et inopérants, avec des dalles de protection défoncées ou carrément disparues. Le niveau du dépôt de terre et de vase accumulées dans ces caniveaux a atteint, par endroits, celui de la surface du sol. Durant les chutes de pluie, les ruissellements de l’eau s’échappent, au grés de la gravitation du terrain, le long des voies d’accès, sous forme de crues que les citoyens traversent en pataugeant dans de l’eau boueuse. Les canalisations, et autres branchements d’AEP, sont transformés par l’usure et l’absence d’entretien en de véritables passoires, une bonne quantité d’eau se perd dans de multiples, et durables, avaries et se mélange aux eaux usées, cela sans que personne n’en tire profit. Une ancienne avarie du réseau principal, devant le siège de la garde communale, a creusé un effroyable trou sous le goudron de la route secondaire reliant Saharidj à M’Chedallah, via Ath Ivrahim. L’équipe d’entretien, qui s’est rendue sur les lieux, s’est contentée de boucher ce trou béant au milieu de cette route très fréquentée à l’aide de…branchages. Ça parait incroyable… et pourtant c’est vrai ! Inopérant en partie, l’éclairage public a subi le même sort, la majorité des lampadaires et candélabres ont perdu leurs couvercles de protection, les lampes sont ainsi exposées, nues, aux aléas climatiques et ne tiennent pas plus de 15 jours, quand elles n’éclatent pas immédiatement après être remplacées, au contact de l’eau des pluies. L’équipe qui intervient sur le projet du gaz de ville a achevé d’apporter une touche finale à ce décor de clochardisation en procédant à un véritable… labourage des allées principales, d’autant plus que la remise en état des lieux a été bâclée et effectuée n’importe comment. Aussi, les services techniques chargés du suivi de ce projet doivent se pencher sur la manière par laquelle est exécutée cette clause du marché (remise en état des lieux). Citons, enfin, un dernier point qui constitue le ver sur le fruit pourri, c’est la prolifération effrayante des meutes de chiens errants. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont devenus maîtres des lieux, dans le sens le plus large du terme. Parmi ces bêtes enhardies et audacieuses à cause de leur nombre, figurent quelques-unes avec les cotes, le cou et les oreilles dégarnis et saignants, des signes caractéristiques de gale et de leishmaniose. Ces chiens errants, porteurs de maladies, sont en contact permanant avec leurs semblables domestiques qui constituent une parfaite courroie de transmission de maladies entre les chiens semi sauvages et leurs maîtres. Notons cependant que cette anarchie généralisée a épargné l’opération de ramassage des ordures ménagères, ceci grâce à une admirable équipe d’éboueurs qui ressemble à une machine automatique bien réglée et bien huilée et qui fonctionne parfaitement, qu’il pleuve ou qu’il vente. Si Saharidj ne croule pas sous les amoncellements d’ordures, comme tout le reste des agglomérations de la daïra de M’Chedallah, sans exception, tout le mérite revient à cette équipe qui n’a besoin d’aucun chef pour mener à bien sa noble mission, une équipe, d’ailleurs, respectée par toute la population qui lui apporte tout le soutien moral nécessaire et c’est là où réside le secret de sa réussite.

Oulaid Soualah