Tizi Gheniff Suite à la grève des travailleurs de l’ex-Onalait de Draâ Ben Khedda – Les laiteries de Boumerdès à la rescousse

Les travailleurs de la laiterie de Draâ Ben Khedda entament leur deuxième mois de grève et la pénurie de lait en sachet touche de nombreuses localités de la wilaya de Tizi-Ouzou habituellement desservies par cette unité.

A Tizi Gheniff, une localité située à l’extrême sud de la wilaya et frontalière avec la wilaya de Boumerdès, certains commerçants ont trouvé le moyen de se ravitailler et ainsi, mettre à la disposition de leur clients ce produit ô combien nécessaire. “Nous nous sommes convenus avec un distributeur de Boumerdés pour qu’il nous livre le lait tous les deux jours. Depuis, la crise et la tension sur ce produit s’est atténuée“, nous a expliqué un commerçant de Marako qui affirme écouler le triple de ce qu’il vendait avant la grève à l’unité de Draâ Ben Khedda. Et d’enchaîner: “ les consommateurs viennent de tous les villages de la commune pour se ravitailler“. Interrogé sur le prix du sachet, il nous a répondu qu’il variait d’un laitier à un autre. Selon les clients, il est cédé à son prix habituel de vingt cinq dinars le sachet en certains endroits, alors que d’autres le vendent à trente dinars. En tous les cas, les consommateurs sont quand même soulagés par sa disponibilité sur les étals, jugeant que celui en poudre leur revenait excessivement cher et qu’il était inaccessible. “ Même à trente dinars, il reste préférable au lait en poudre. Le prix d’un paquet de cinq cent grammes coûte entre deux cent soixante et trois cent dinars, c’est inaccessible. Et puis, vous n’obtiendrez que trois à quatre litres, et non dosés !“, telle est la réponse d’un client. Ce constat est le même à Draâ El Mizan où le lait commence à apparaître devant les épiceries, aussi bien en ville qu’aux villages. A la cité de l’Indépendance, par exemple, ce produit est exposé et vendu sans être caché au frigo. “Nous avons des quantités énormes et vous n’avez qu’à regarder ce qui me reste, vous allez voir qu’il n’ y a plus de pénurie. Ce sont, parfois, les livreurs des autres laiteries du centre, et même d’ailleurs, qui nous en proposent. Mais, il y a encore ceux qui vont le chercher eux mêmes. C’est ce qui explique qu’il n’est pas vendu au prix fixé par l’état. Le commerçant est contraint de le majorer de cinq dinars. Et puis, il faut savoir aussi que si vous avez une perte de deux ou trois sachets, vous perdez tout le bénéfice», tels sont les éclaircissements fournis par un autre laitier. Même avec le rétablissement progressive de la disponibilité de ce produit, les consommateurs attendent toujours le dénouement de la crise au niveau de la laiterie de Draâ Ben Khedda, car ils estiment que la qualité du lait qui y est produit est meilleure et plus consistante que les autres laits proposés. “Nous avons l’habitude de consommer ce lait depuis des années et nous sentons que celui que nous achetons, aujourd’hui, manque de quelque chose», pense une cliente.

Amar Ouramdane