“Le nouveau code communal est entré en vigueur. Bien que ce dernier stipule, dans son article 16, qu’une assemblée générale soit tenue tous les deux mois, le maire refuse toujours de convoquer cette assemblée », se plaint Zahir Cheikh, élu du FFS à l’APC de Oued Ghir.
Le conflit qui oppose, depuis maintenant plusieurs mois, le maire d’Oued Ghir, soutenu par des élus FLN, aux cinq autres mandatés, issus des listes FFS, RCD et indépendantes, qui forment la majorité au sein de ladite assemblée, est loin de connaître son épilogue. Dernièrement, un élu RND a décidé de rejoindre le camp de l’opposition qui compte maintenant deux tiers des élus, c’est-à-dire, une majorité absolue. Dans une déclaration virulente faite à notre journal, Zahir Cheikh, un élu FFS et vice-président à ladite APC, a accusé le maire d’Oued Ghir d’avoir violé le code communal en vigueur. “Cela fait maintenant plus de deux mois que le nouveau code communal est entré en vigueur. Bien que ce dernier stipule, dans son article 16, qu’une assemblée générale soit tenue tous les deux mois, le maire refuse toujours de convoquer cette assemblée», a indiqué notre interlocuteur. Pourtant, “il y a un changement très important dans ce nouveau code par rapport à l’ancien, où certains textes ont été modifiés. La moindre des choses serait de convoquer, spécialement, une assemblée générale pour définir quelles sont les prérogatives du P/APC et celles des autres élus (assemblée) tel que consignées dans ce nouveau code», a-t-il estimé. Cette attitude du P/APC qui, normalement, “doit agir sous la responsabilité de l’assemblée», comme dicté par ce nouveau code, ne “favorise pas le bon fonctionnement” de ladite APC, a déploré encore Zahir. “Le rôle de l’assemblée est de mettre en place des instruments, c’est-à-dire des commissions, un exécutif, l’organisation de l’administration ou des projets pour le bon fonctionnement de l’APC. Nous insistons sur l’application du code communal», a-t-il expliqué tout en imputant la responsabilité de la situation peu reluisante où s’embourbe la commune d’Oued Ghir à certains
élus proches de l’entourage du maire. “Il y a certains élus, dont je ne veux pas citer les noms, appartenant à un parti politique, qui cherchent le pourrissement pour notre commune, et cela en choisissant de servir leurs intérêts personnels à ceux de la commune. Ces gens-là ont pris en otage le développement de notre municipalité», a dénoncé encore cet élu du vieux parti de l’opposition.
Luttes internes entre élus
Dans ce même sillage, un élu du RND, en l’occurrence M. Alili Ahcene, délégué communal à Mellala, a choisi, récemment, de rejoindre le camp de l’opposition, pour, dit-il, “remettre l’APC sur les rails”. Appelé par nos soins à expliquer davantage les raisons de sa décision, M. Alili nous dira qu’il ne peut plus tolérer une gestion unilatérale au niveau de ladite APC. “J’ai remarqué qu’il y a une gestion unilatérale des affaires de l’APC et qu’il n’y a eu jamais de concertation ni de préparation en commun d’un dossier quel que soit sa nature. Alors, j’ai pris sur mon dos de faire un audit au niveau de l’APC. Une fois l’audit terminé j’ai constaté quelques idées nobles chez l’opposition qui me paraissent assez probables et favorables du point de vue bonne gestion de l’APC, que ce soit dans les domaines techniques, juridiques, administratifs, mais aussi, au niveau de la rentabilité. J’ai analysé ça et j’ai trouvé que c’était la seule solution qui permettra de remettre l’APC sur ses rails et de ne pas laisser sa gestion entre les mains de certains individus qui se prétendent élus, qu’ils soient postés ou non, et qui ont des idées néfastes ne convergeant pas vers la cohésion. A mon sens, l’APC est gérée d’une façon unilatérale comme une petite direction, alors que la loi en ce sens est claire, il doit y avoir une consultation. Je suis président de la commission des travaux. Toutefois, depuis mon installation, je n’ai jamais été consulté pour une projection, un engineering ou investissement quelconque», a-t-il regretté.
Et l’interêt de la commune dans tout ça ?
La bonne gestion des affaires courantes de la commune semble être compromise par les luttes internes entre les élus à l’APC d’Oued Ghir. A titre d’exemple, le parc communal est dépourvu des commodités élémentaires de la vie. “Je ne vous cache pas que le parc communal n’a même pas de sanitaires (salle d’eau). Pire, comment se fait-il que ce parc, après l’affaire de 2009, lorsqu’il a été l’objet d’un vol, n’est même pas doté d’une ligne téléphonique», s’interroge M. Alili. Ce dernier regrette la dégradation du cadre de vie des citoyens générée par “la nonchalance” du P/APC qui, “n’ayant pas appliqué l’organigramme du service technique qui doit disposer d’un chef de service, on constate la prolifération des constructions illicites et l’absence de suivi d’hygiène au niveau de la commune”. Enfin, ces élus font appel à la tutelle pour sauver l’APC de Oued Ghir de cette impasse.
“J’espère qu’il y aurait un sursaut de la part des responsables de la tutelle afin que l’APC soit remise sur les rails. Car, nous ne voulons pas cautionner le désarroi actuel», a indiqué M. Alili. “Je lance un appel au P/APC pour qu’il travaille avec les élus de l’assemblée. Je l’interpelle pour qu’il applique le code communal», dira pour sa part Zahir Cheikh.
Boualem Slimani

