-Considérant que la composition du nouveau gouvernement provisoire annoncé le 22 novembre 2011, par le chef du gouvernement libyen de transition, Abdel Rahim al-Kib, a été faite sur une base discriminatoire, excluant de façon délibérée tous les Amazighs de Libye des régions de Adrar n Infusen, Zouara, Ghadamès, Oubari, Ghat, Oujila ainsi que les Amazighs du Sud (Touaregs), lesquels Amazighs forment la composante essentielle de l’identité libyenne [Ndlr : les Amazighs sont les premiers habitants connus de la l’Afrique du nord] ,
– considérant également l’échec de la réunion, organisée mercredi 23 novembre 2011, entre une délégation représentant l’ensemble des Amazighs de Libye et Mustapha Abdeljalil, président du CNT, réunion qui s’est soldée par le rejet des demandes légitimes de la délégation,
le Congrès national amazigh libyen (regroupant tous les Conseils amazighs locaux du CNT), considéré comme l’unique représentant légitime de l’ensemble des Amazighs de Libye, déclare le gel de tout contact avec le CNT jusqu’à satisfaction des revendications légitimes des Amazighs qui se résument à :
1- la formation d’un nouveau gouvernement provisoire dans lequel deux ministères régaliens seront attribués à des Amazighs ;
2- la répartition équitable des portefeuilles ministériels entre les Amazighs et les autres régions libyennes ;
3- l’abrogation de l’article 1 de la déclaration constitutionnelle rendue publique le 3 août 2011 et la consécration de la langue amazighe comme langue officielle aux côtés de la langue arabe.
Par ailleurs, le Congrès national amazigh libyen décide ce qui suit :
1- le retrait de tous les représentants des Conseils locaux amazighs du CNT ;
2- la non-reconnaissance et le boycott du gouvernement Abdel Rahim al-Kib, illégitime et contraire aux déclarations même, de M. al-Kib avant sa formation, ainsi qu’aux principes de la révolution du 17 février ;
3- la poursuite des manifestations et des rassemblements pacifiques et démocratiques jusqu’à satisfaction des revendications légitimes des Amazighs ;
Enfin, le Congrès national amazigh libyen tient pour responsables devant l’Histoire, le CNT et M. Abdel Rahim al-Kib, quant aux conséquences que pourrait causer cette marginalisation qui vise les Amazighs.
Tripoli, le 24 novembre 2011.
