En grève depuis le 14 janvier, les enseignants de tamazight de l’université Abderrahmane Mira de Béjaïa ont décidé de surseoir à leur action de protestation.
Une décision qui fait suite à la satisfaction de leur revendication, à savoir le départ de la cheffe du département de langue et culture amazighes (DLCA), a-t-on appris de source syndicale. «Les grévistes du département de tamazight ont eu gain de cause avec l’annonce de la fin de mission signifiée au staff dirigeant du département», a confirmé la section CNES de l’université de Béjaïa.
Ce syndicat a salué, au passage, «la solidarité de tous les collègues enseignants qui viennent d’amorcer une nouvelle ère dans la gestion de l’université qui ne peut passer outre la volonté et la collaboration de toute la communauté», lit-on dans une déclaration de la section syndicale du CNES. Pour rappel, ce sont 26 enseignants de tamazight qui ont enclenché un mouvement de grève à la mi-janvier pour réclamer «le départ» de la cheffe de leur département.
Ils lui ont reproché de les avoir «marginalisés et d’exercer à leur égard un harcèlement quotidien», à travers, s’indignent-ils, «des rapports créés de toutes pièces à leur encontre». Ces enseignants avaient également dénoncé «le manque de respect» à leur égard de leur désormais ex-responsable hiérarchique.
Pour sa part, l’équipe pédagogique du département de langue et culture amazighes de l’université de Béjaïa avait accusé ouvertement le doyen de la faculté des lettres et des langues (FLL), responsable hiérarchique direct, d’être «l’instigateur» de ce mouvement de grève. «(…) Nos collègues, enfreignant les règles de l’éthique et de la déontologie, ne se sont pas contentés par des tergiversations, voire la complicité patente et avérée, des responsables hiérarchiques, à l’image du doyen de la FLL», avait dénoncé l’équipe pédagogique du DLCA dans une déclaration rendue publique.
Plus explicite, elle a déclaré que les enseignants grévistes «ont négocié en catimini avec le doyen de la faculté des lettres et des langues sa mise à l’écart». Allant plus loin dans son accusation, cette équipe pédagogique, renfermant la cheffe du département, le chef de département adjoint chargé de la pédagogie, le responsable de la filière, le président du comité scientifique et le responsable du domaine de langue et culture amazighes, a affirmé que le doyen de la faculté des lettres et des langues «rêvait d’installer une nouvelle équipe (…) et a remué ciel et terre pour arriver à ses fins».
En somme, le dénouement de cette crise permettra aux étudiants de langue et culture amazighes de passer leurs examens de premier semestre dans la sérénité.
B. S.

