«Notre situation est précaire»
Aâmi Ali, les mains derrière le dos, la soixantaine bien dépassée, semblait du genre silencieux. Mais à peine l’a-t-on abordé qu’il s’est mis à nous étaler les raisons qui l’on pousser, lui comme tous ces travailleurs retraités, à se déplacer et faire partie de cette manifestation. « La vie est chère, nous avons des enfants et des maladies auxquelles nous devons faire face. Mais avec les miettes que l’on nous donne, il est impossible de réussir à joindre les deux bouts », nous dira-t-il. Il ajoutera par la suite : « Pour ma part, j’ai cinq enfants dont je doit faire face aux besoins. Mais malheureusement, avec ma retraite dérisoire qui ne dépasse nullement les mille trois cent dinars par mois, je n’y arrive pas ». Les larmes aux yeux, il exhibera ses chaussures usées et clamera : « Je ne peux même pas m’offrir des chaussures, comment dire à ma fille qui vient me demander de l’argent pour les transports, le matin, que je n’ai rien à lui offrir ?», s’est-il interrogé.
«Donnez du travail à nos enfants chômeurs et ôtez nous notre retraite de misère»
Aâmmi Ali sera tout de suite rejoint par son acolyte, Dda Amar. Ce dernier a tenu à nous faire part, lui aussi, de ce qu’il endure depuis qu’il a pris sa retraite. « Eux aussi sont des pères de famille, ils savent tout, de la vie chère, de la précarité des gens… mais ne font rien », faisant allusion aux autorité et aux responsables. Il ajoutera : « 34 ans de service et de cotisations pour une retraite de misère. Il faut dire que les jeunes aussi en pâtissent, à cause de la cherté de la vie et du chômage qui prolifère».
Propos recueilli par T. Ch

