Le président de la confédération générale des entreprises algériennes (CGEA), Habib Yousfi a mis l’accent hier, à Alger, sur l’importance de la lutte contre le marché informel et la corruption. Selon lui ces fléaux démobilisent beaucoup les opérateurs économiques.
“ Il faut un nouveau pacte économique et social, l’ancien est complètement dépassé. On doit comprendre dans ce pays que si l’on veut gagner son pain, on doit pouvoir le faire à la force de son travail » a déclaré M. Yousfi sur les ondes de la chaine 3 de la radio nationale. Estimant que la non stabilité dans les lois de finances qui » sont remises en cause ou annulées chaque année « , empêche de faire une stratégie économique. De ce fait, le même responsable a mis en exergue l’importance de l’organisation de plusieurs tripartites, en vue d’examiner une démarche globale de développement économique du pays. Le président a tenu également de dénoncer certaines pratiques illégales qui rongent le secteur économique algérien ; à savoir les transactions lors de l’attribution des marchés dans le cadre de la commande publique dans le secteur du BTPH » Les cahiers de charges, élaborés à la faveur d’appels d’offres, sont faits de telle sorte que les opérateurs économiques honnêtes soient exclus. Des cahiers de charges sont faits spécifiquement pour en faire profiter des amis » a-t-il noté. A cet effet, le président de la CGEA souhaite que le nouveau code des marchés publics prendra en considération le règlement de ce secteur en matière de passation. Par ailleurs, M. Yousfi a indiqué que le blanchiment d’argent est la résultante de la propagation de la corruption et de l’informel » Il est évident que l’argent gagné de façon malhonnête ne peut pas apparaître sur le plan de la légalité. Une exportation de capitaux est en train de se faire. Là aussi, il faut un contrôle rigoureux en matière de transfert de capitaux « , a-t-il souligné. Tout en exigeant un contrôle sévère sur la circulation des fonds. Il y a lieu de souligner dans ce sens que la cellule de traitement du renseignement financier (CTRF) a reçu 600 déclarations de soupçons de blanchiment d’argent durant les six premiers mois de l’année 2011.
Samira Saïdj
