Iboudrarène Ecologie et cadre de vie – Les grands défis de l’association de l’environnement

L’association de l’environnement d’Iboudrarène, dans la daïra de Beni Yenni, a tenu récemment son assemblée générale ordinaire pour présenter les bilans moral et financier de l’exercice en cours et, aussi, pour mettre en place son programme d’action pour l’année 2012 qui s’annonce chargé au vu des chantiers programmés par l’association, en rapport avec la situation environnementale prévalant dans la région qui se caractérise par une dégradation continue de la nature et du cadre de vie, sans que cela n’inquiète outre mesure les services concernés.

Devant les membres de l’association et de nombreux sympathisants, et en présence des représentants des comités de villages et du P/APC d’Iboudrarène, le bureau de l’association a présenté ses bilans, financier et moral, que les présents ont eu à suivre avec intérêt, tant l’association, depuis sa création, a mené plusieurs actions d’envergure et entrepris beaucoup de chantiers en faveur de la protection de l’environnement, de l’amélioration du cadre de vie des populations locales et de la promotion touristique de la localité et de la « destination Iboudrarène », qui offre aux visiteurs des sites paradisiaques à préserver.

Cependant, même si la situation financière de l’association est au beau fixe, pour son président, Mouloud Ould Hamouda, cela «ne doit pas nous réjouir outre mesure, car si nous n’avons pas eu à dépenser l’argent de l’association, cela veut dire aussi que nous n’avons pas bien travaillé et que nous n’avons pas réalisé tous les objectifs tracés dans notre programme», a-t-il expliqué avec regret, en soulignant que «la question de l’environnement est trop importante et nous devons nous mobiliser sans cesse pour mener à bien notre mission, d’autant plus que les moyens financiers et les compétences humaines sont disponibles, il ne reste donc que notre engagement sur le terrain, avec un travail continu et soutenu. C’est à ça que je vous convie tous !»

Toutefois, de par le travail accompli, jusque là par cette jeune association écologique, notamment depuis l’arrivée de M. Ould Hamouda à sa tête, beaucoup de choses ont changé et plusieurs réalisations, dans les domaines écologiques, touristiques ainsi que dans celui lié au développement local, sont à mettre à son actif. On en citera des campagnes de sensibilisation menées à travers les villages de la commune et les écoles sur la nécessité de préserver l’environnement, des sorties sur le terrain et des actions de volontariat pour le nettoyage des villages et pour la dépollution des sites touristiques, des points d’eau en montagne et de la RN30. Des campagnes de plantation d’arbres rustiques, qui sont organisées chaque année avec les comités de villages, en partenariat avec l’APC d’Iboudrarène, le Parc National du Djurdjura et la Direction de la conservation des forêts de la wilaya de Tizi-Ouzou.

En plus de ces activités quasi permanentes, l’association de l’environnement d’Iboudrarène a réussi l’organisation de la Fête de la Cerise d’Aït Allaoua et le Marathon du Djurdjura pour la protection de l’environnement, deux évènements qui se sont imposés comme une tradition dans la commune et qui enregistrent, au fil des éditions, de plus en plus d’engouement et d’intérêt, aussi bien auprès des responsables que des partenaires de l’association. Mais, pour les membres de l’association, si le bilan est satisfaisant, il demeurera toujours insuffisant tant beaucoup de choses restent à faire. Il est notamment question du projet de la pépinière, qui sera réalisé au village Ighil Bouamas où un terrain a été cédé gratuitement par un particulier. Ce projet, qui sera réalisée en collaboration avec l’APC et le Parc National du Djurdjura, a pour objet de développer les espèces faunistiques spécifiques à la région, à l’image du merisier. Il y a également le projet d’aménagement du site Agouni Lahwa (plaine de la pluie), un site magnifique situé au dessus des villages Tala N’Tazert et Aït Allaoua, à 3 km du col de Tizi n’Kouilal et qui accueille chaque année la traditionnelle fête de l’estivage d’Iboudrarène.

Mais les deux problèmes majeurs, auxquels l’association de l’environnement d’Iboudrarène continue à faire face, à son corps défendant, demeurent l’invasion des singes magots qui ravagent les cultures arboricoles et menacent la vie des citoyens, ainsi que le fléau de la pollution et des décharges anarchiques qui salissent l’environnement et défigurent la nature.

Et si le problème du singe magot est un phénomène naturel et qu’il incombe beaucoup plus aux pouvoirs publics d’en trouver une solution, celui de la pollution et des atteintes à l’environnement est du, surtout, à l’inconscience et à l’incivisme de l’être humain.

En effet, et tout le monde en fait le constat, nos rues, nos cités et nos routes sont devenues, aujourd’hui, des dépotoirs à ciel ouvert et, partout où nos yeux se dirigent, on est agressé par le spectacle désolant des déchets qui jonchent le sol et qui défigurent la nature. Des objets hétéroclites, des bouteilles en plastique ou en verre, des sachets de toutes couleurs, des déchets de toutes sortes et des dépôts de gravas… «meublent» nos routes et s’entassent sur tous les espaces, jusqu’aux portes des villages et des habitations. Malgré les campagnes de sensibilisation et de volontariat menées par les pouvoirs publics et, surtout, par les associations écologiques comme l’APE d’Azazga ou celles d’Iboudrarène et Aït Ouabane, dans la commune d’Akbil, le phénomène prend de plus en plus d’ampleur, «à chaque fois que nous nettoyons un endroit ou une placette, une semaine plus tard, elle devient encore plus sale qu’avant», témoigne M. Ould Hamouda, le président de l’AE d’Iboudrarène lequel, pour avoir sillonné avec les membres de son association, la RN 30 et les sites du Djurdjura pour des campagnes de nettoyage et de dépollution, sait à quel point notre environnement est aujourd’hui pollué et la nature menacée.

Forte du soutien de la municipalité d’Iboudrarène et des comités de villages, l’association qu’il préside s’est assignée ce défi de poursuivre cette noble mission d’intérêt général.

Nassim Zerouki