Béjaïa : L’hommage lui a été rendu par le Café littéraire – Saïd Mekbel par lui-même

Simple mais émouvante aura été la cérémonie de commémoration du 17e anniversaire de la disparition de Saïd Mekbel. L’hommage a été l’œuvre de l’équipe du Café littéraire de Béjaïa en collaboration avec le théâtre régional, et l’Association des Journalistes de Béjaïa. « Saïd Mekbel par lui-même ». C’est tel que l’ont voulu les organisateurs … qu’en aurait-il pensé ?

Il aurait longé les allées de la grande salle du TRB, ajusté ses lorgnettes, tendu l’oreille, et le son et l’image captés, il aurait esquissé un sourire, ravalé une larme, sûrement embrassé tout le monde….

Cette séance commémorative était différente des habituelles. L’hommage était pour le moins émouvant. Il ne s’agissait pas de débattre du travail du journaliste, ni de présenter l’homme. Ses chroniques illustraient pour elles seules et le militant, et l’être dans toute sa sensibilité qu’était Saïd Mekbel, mais aussi le journaliste engagé pour un idéal cher à combien d’Algériens et pour lequel il était déjà de son vivant, prêt à s’offrir telle une offrande. L’idée consistait à faire des lectures des billets du journaliste. Ponctuées par des airs de musique choisis pour la circonstance, ces lectures ont suscité une forte émotion chez l’assistance. Il n’était sûrement pas question de choisir lesquels de ces billets devaient être lus ; chacune des chroniques de Saïd Mekbel renfermait sa part d’émoi et de souvenir. Il aurait été aisé de prendre au hasard et constater, finalement, le même effet chez l’auditoire. Les plus jeunes découvraient, peut-être, pour la première fois le style propre au journaliste, certaines de ses tournures. Les moins jeunes, se rappelant les moments de leur lecture de ces textes à leur parution, s’offraient un voyage dans le temps, douloureux sûrement pour tous mais plus encore pour ceux qui ont côtoyé l’homme de son vivant. A la fin de la séance, l’assistance a pris le chemin du cimetière de Sidi-Mhamed-Amokrane pour un recueillement sur la tombe du défunt et le dépôt d’une gerbe de fleurs. En plus des journalistes et de certaines personnalités du mouvement national présents, en l’occurrence l’avocat Rachid Ali Yahia, invité du café littéraire, certains amis et membres de la famille ont tenu à ne pas rater le rendez-vous, notamment le frère du chroniqueur, Salim Mekbel.

N. Guemghar