Elle ne détient peut-être pas le record, en matière de longévité mais elle est quand-même l’une des rares émissions radiophoniques qui cumulent 23 ans d’existence. Il s’agit de l’émission «patrimoine et tradition», émise sur Radio Plurielle en France. Son animateur, qui n’est autre que son producteur de toujours, Mohand Amaloul, estime dans l’entretien qu’il nous a accordé que c’est, la passion et le respect qu’il voue à son public, qui sont derrière cette réussite.
La dépêche de Kabylie: Commençons par les présentations. Qui est Mohand Amaloul ?
Mohand Amaloul : Je suis membre du mouvement associatif et président de l’association Lyonnaise «Thilleli ». J’ai travaillé pendant presque 10 ans à Berbère TV que j’ai rejointe le 24. 12. 1999, avant de quitter la chaîne en 2008 pour des raisons professionnelles. Sinon je suis originaire du village Afir dans la commune de Boudjima.
vous êtes aussi animateur de l’émission patrimoine et tradition sur Radio plurielle…
Et je suis également le producteur de ce magazine, lancé dois-je le signaler le 1 août 1989. Il s’agit en fait d’une émission destinée à la communauté Franco Kabyle. Pour moi, le magazine est un pont entre notre communauté établie en France et la Kabylie. J’estime que l’émission est très écoutée, la preuve est qu’on nous appelle de partout. Le rendez-vous est attendu tous les vendredi, à partir de 22h et jusqu’à 2h du matin. Il y a aussi une autre émission qui passe les dimanche. Celle-ci est dédiée à nos chateurs.
on entend rarement parler d’une émission qui cumule 23 ans d’existence, quel est le secret de cette longévité ?
Il n’y a pas de secret. La raison de toute réussite est l’abnégation dans son travail. Nous nous donnons à fond dans notre mission, c’est tout. Nous avons toujours été animés d’une volonté de fer et d’une véritable passion pour ce que nous faisons. Personnellement, je voue un très grand respect pour les miens. Pour moi, c’est le meilleur hommage qu’on puisse rendre à Mammeri, Matoub, Feraoun et les autres étoiles de la Kabylie, aujourd’hui disparues.
vous ne pensez certainement pas arrêter en si bon chemin ?
C’est sûr. Comme je l’ai dit, je suis animé d’une grande volonté et je veux aller de l’avant pour l’épanouissement de notre culture. Moi, le folklore ne m’intéresse pas. Le plus important à mes yeux, c’est d’avoir un pied partout dans le monde et ce n’est certainement pas en organisant des galas et autres fêtes qu’on y réussira. Pour y parvenir, il faudra s’investir davantage et concrètement dans le domaine. Je trouve anormal, par exemple, que notre communauté qui est la plus ancienne en France, ne possède rien, après un siècle d’immigration. Mon rêve est que nous ayons notre propre radio en France. Une radio kabyle je veux dire.
Mohand Amaloul a-t-il fait quelque chose dans ce sens ?
Sans trop me vanter, je dirais que je suis pour quelque chose, avec d’autres amis, dans la baptisation d’une rue du nom de Matoub Lounes, ainsi que d’un square Kateb Yacine en France. N’est-ce pas un honneur, qu’à côté de la rue Nelson Mandéla, se trouve celle portant le nom Matoub Lounes ? C’est ainsi que notre culture se fera connaître. Les futures générations, françaises et autres, se demanderont certainement qui est ce Matoub et la réponse sera : c’est un Kabyle algérien. Idem pour Kateb Yacine. De telles opérations doivent avoir lieu partout dans le monde, pour pérenniser notre culture.
On vous laisse conclure…
Je dois signaler, dans le même ordre d’idées, que des associations, qu’on qualifie de grosses associations, se soucient très peu de la culture kabyle. Elles se sont fait avoir par les politiques Français et travaillent aujourd’hui pour la politique française. Elles ne font que produire des élus pour la République Française. En d’autres termes, on n’a plus rien à espérer de ces associations, on doit donc penser à renouveler le mouvement associatif en France.
Propos recueillis par M. O. B

