L’affluence, en cet après-midi de cette 2ème journée du festival, laissait transparaitre que l’événement avait pris son rythme de croisière. Les visiteurs des stands se sont faits nombreux, particulièrement devant l’exposition des bijoux berbères qui ont suscité la curiosité des jeunes et des moins jeunes. L’exposant Ben Azri, un passionné d’histoire, était d’ailleurs au programme pour une communication, non pas à propos des bijoux mais sur l’écriture berbère et sa symbolique. A travers les bijoux, Ben Azri tente de ressusciter une tradition, celle du Tifinagh (alphabet berbère), avec toute sa charge symbolique via le message que cette écriture charrie depuis les temps les plus lointains. Pour lui, depuis l’antiquité « on ne créait pas les bijoux pour esthétique, mais pour transmettre un message de paix, de bien-être … » Avant d’expliquer le concept fondant sa démarche dans ses créations, Ben Azri retrace les grandes lignes de l’histoire de la Berbèrie (Afrique du Nord) avec une « certaine passion » qui l’aurait, de l’avis des spécialistes, quelque peu éloigné d’une certaine objectivité scientifique. Tout en soutenant qu’il ne parle pas en scientifique, mais surtout en artiste-créateur passionné d’histoire, il poursuit son exposé pour tenter de prouver à l’assistance que le Tifinagh a grandement influencé la majorité des écritures du monde. « Ces lettres ont influencé l’Europe, elles ont influencé les lettres hébraïques, cyrilliques, arabes &hellip,; nos mères les transmettaient à travers les scarifications qu’elles portaient, depuis toujours, sur leurs visages, leurs peaux… elles ont commencé à perdre le sens de ces lettres depuis les premières invasions », dira Ben Azri.
Nabila Guemghar
