Après avoir servi de décharge pour les habitants et les commerçants de la cité des 18 logements et ses alentours pour un moment, ces derniers temps, elle est devenue un lieu de stationnement pour toutes sortes de véhicules, où quelques jeunes chômeurs espèrent trouver une issue à leur situation.
Il s’agit de la bibliothèque communale de la ville de Boghni. Il semblerait que cette dernière est, comme l’a décrite un employé dans un établissement scolaire, «qu’une infrastructure déshabillée, de sa valeur et de son objectif réel». Un état de fait qu’une autre enseignante qualifiera de «crime contre la culture et le savoir chez nous». En effet, c’est un constat que pourrait faire tout un chacun, en remarquant un tel désintéressement et laisser-aller pour une telle infrastructure. Un projet qui devrait être selon la majorité des personnes questionnées sur le sujet, «encouragé par tout le monde et veiller à son achèvement dans les délais les plus brefs, car il serait un privilège pour tout un chacun de nous ainsi qu’à nos enfants, au lieu d’être délaissé et abandonné ou encore pire, transformée en une décharge ensuite en parking». Certes, les travaux de réalisation de cette fameuse bibliothèque, traînent depuis des années et sont toujours à l’arrêt, à l’instar de plusieurs autres projets similaires, dans plusieurs autres communes voisines, cependant, les questions que beaucoup de gens de la région ne cessent de se poser dans ce sillage sont entre autres : L’arrêt de travaux, est-il une raison valable pour la transformer en décharge ou en parc ? Cela signifie-il que le savoir et la culture chez nous, sont enterrés par les pouvoirs publics? Et combien de temps faut-il pour réaliser une petite bibliothèque communale, un siècle? Notons qu’une plaque indiquant que le lieu représente un «parc gardé» est accrochée à l’entrée de l’enceinte de ladite bibliothèque. «Ceci est au vu et au su de tout le monde, certainement que les représentants de l’administration locale sont au courant, et tant que le projet est à l’arrêt, probablement que ces jeunes qui s’occupent de ce parc sont autorisés par les services communaux», affirme une source proche de l’APC de Boghni, et ce pour répondre sur la question de la réaction des responsables de cette municipalité sur le fait de transformer une bibliothèque en parc.
Et d’ajouter : «Sûrement, ça sera temporaire, en attendant la reprise des travaux, bien qu’en ne peut pas nier que ce n’est pas faisable, c’est une bibliothèque et elle devrait l’être en dépit de toutes contraintes pouvant retarder sa réalisation». Il est à signaler également que pour certaines habitants des alentours de ladite bibliothèque, cette dernière représente «un lieu favori de plusieurs jeunes délinquants qui se regroupent, en particulier en fin de soirée, et réchauffent leurs rencontres avec les boissons alcoolisées ou encore des stupéfiants», dira une enseignante au lycée à ce propos. «C’est vraiment malheureux, mais il faut le dire, c’est l’échelle des valeurs qui est de plus en plus inversée dans notre société on accorde plus d’importance presque à tout sauf au savoir et à la culture». Il est à souligner enfin qu’en attendant la reprise des travaux de cette bibliothèque, elle représente un privilège au moins pour les automobilistes qui y stationnent, après la clôture de la cité des 18 logements par un mûr et l’installation d’un portail par ses habitants. Notons que le stationnement de véhicules en particulier le dimanche (jour du marché hebdomadaire) est l’une des raisons qui ont poussé ces habitants à construire le mur en question.
R. S.

