La générale de Raya N T’machint (Rail du train), comédie théâtrale du dramaturge russe Antoine Pavlovitch Tchekhov dont l’intitulé original est « Malversation », traduite et adaptée par Mme Fouzia Aït El Hadj, a été présentée, dans la soirée du mercredi 7 décembre 2011, sur les planches du Théâtre régional Kateb Yacine de Tizi-Ouzou.
La salle contenait un peu plus d’une centaine de personnes venues découvrir Tchekhov à travers cette pièce ainsi que les comédiens, au nombre de huit, originaires de différentes régions du pays. Le choix des acteurs, issus de diverses localités d’Algérie, a été fait délibérément par Mme Aït El Hadj, directrice du Théâtre de la ville d’El Eulma dans la Wilaya de Sétif, qui a déjà procédé à la même expérimentation, à Tizi-Ouzou, lors de son passage en tant que directrice du Théâtre Kateb Yacine. Pour la réalisatrice, cette diversité ainsi que le fait que la générale soit présentée à Tizi-Ouzou, représentent un passage obligé en vue d’une participation au Festival National du théâtre amazigh.
La pièce narre des faits qui se passent dans le bureau d’un commissariat de police. Un service, absorbé par le travail quotidien, où les citoyens défilent à longueur de journée, poussant à bout le fonctionnaire de service, débordé par les dossiers, de crimes et de plaintes, qu’il voit s’entasser sur son bureau.
C’est un assemblage de situations réalistes, et bien qu’imaginées ou vécues vers 1835 en Russie, ils paraissent toujours d’actualité. Les scènes sont loufoques et engendrent des éclats de rire dans la salle. Elles mettent en évidence plusieurs aspects de la vie quotidienne et les états d’âme des héros représentés. Ainsi on peut y voir l’injustice, l’égoïsme, les négligences, les malentendus, la malveillance…et d’autres aspects de l’être humain et de la vie. Au-delà de l’aspect risible, les textes déclamés ont été appréciés par le public qui a applaudis à volonté. Dans cette adaptation du chef d’œuvre de Tchekov, ce qui est le plus appréciable, c’est le mélange et la diversité de dialectes nationaux et d’accents dans lesquels elle a été présentée. Ce qui montre la singularité du vécu de la société algérienne dans sa diversité.
Arous Touil

