Pour dénoncer l’exclusion des Amazighs des instances gouvernementales du CNT libyen – Rassemblement samedi devant l’Assemblée nationale à Paris

Le coup de force du CNT n’a pas laissé de marbre les Amazighs de Libye qui ont, aussitôt, réagi, rappelle Tamazgha à travers son communiqué : «Les foules ont investi les rues de plusieurs villes du pays et, d’une seule voix, ont dénoncé les agissements du CNT et rejeté son gouvernement provisoire».

Suite à l’exclusion dont font l’objet les Amazighs de Libye de la part des nouveaux maîtres de Tripoli et les différentes tentatives de ces derniers de reléguer à un second plan un pan entier de l’histoire de ce pays, la mobilisation des militants amazighs ne cesse de s’accroître afin d’imposer une réalité historique et linguistique à la nouvelle Libye. Ce pays qui s’est déchargé du fardeau dictatorial de la caste d’El Kadhafi semble suivre le même cheminement que celui légué par le Roi des rois d’Afrique, nourri par l’exclusion, la tyrannie et le reniement.

La participation active des régions amazighes dans le combat contre le dictateur déchu, semble partir en fumée devant l’entêtement du CNT, fort du soutien des puissances occidentales qui ont participé militairement à la chute d’El Kadhafi, à reprendre les mêmes pratiques visant à écarter les Amazighs de toutes les instances gouvernementales pour lesquelles échoit la responsabilité de rebâtir un nouvel Etat.

Dans un communiqué rendu public, l’association Tamazgha, en guise de solidarité avec « ces exclus », appelle à «une journée de solidarité avec les Imazighen de Libye. A Paris, nous appelons à un rassemblement, le samedi 17 décembre à 15h, devant l’Assemblée nationale (Place du Président Edouard Herriot – 75007 Paris) ».

Tamazgha estime que dans cette phase de reconstruction du pays, « nous assistons à des agissements dignes du régime déchu, avec une tentation forte de balayer, d’un revers de main, les acquis obtenus au prix de nombreuses vies sacrifiées. C’est notamment le cas concernant le CNT qui, par la voix de son président, a accusé Imazighen d’être à la merci d’États étrangers, comme pour mieux légitimer leur exclusion du nouveau gouvernement provisoire ». Encore une fois, les Amazighs, comme partout au nord de l’Afrique, deviennent un abcès de fixation pour leurs gouvernants. Cette attitude rappelle, étrangement, les accusations portées par le pouvoir algérien de Chadli contre les manifestants d’Avril 1980.

Tamazgha ajoute qu’« en excluant Imazighen des instances suprêmes de gestion du pays, le CNT démontre, une nouvelle fois, ses enracinements kadhafistes et tente, en cette période transitionnelle, de replanter un décor sombre pour la Libye ». Pire encore, insiste Tamazgha, « le CNT livre le pays aux mains d’individus racistes, animés par la haine et le totalitarisme. Comment peut-on accréditer de telles instances d’une quelconque légitimité ? ».

Le coup de force du CNT n’a pas laissé de marbre les Amazighs de Libye qui ont aussitôt réagi, rappelle Tamazgha : « Les foules ont investi les rues de plusieurs villes du pays et, d’une seule voix, ont dénoncé les agissements du CNT et rejeté son gouvernement provisoire ».

Le Congrès national amazigh libyen (CNAL), seule instance représentative des Amazighs de Libye, a, par un communiqué annoncé le retrait des représentants amazighs du CNT. « Cela prouve, s’il le fallait, qu’ils ne sont pas dupes face aux manigances de Moustapha Abdouldjalil et de ses acolytes, dont le but est de faire de la nouvelle Libye un État régi par la Chariaâ et où seule l’arabité aura droit de citer ».

Le rassemblement qu’organise Tamazgha s’articule autour des mots d’ordre « non à la marginalisation d’une partie importante des libyens; non au retour des pratiques Kadhafistes; non à la domination arabe en terre Amazighe… ».

A travers cette action de dénonciation et de soutien, Tamazgha espère que « les positions des Imazighen de Libye soient entendues, aussi bien en Afrique du Nord que partout ailleurs dans le monde. La communauté internationale, et notamment la France, doit entendre la voix de ces centaines de milliers d’Amazighs sortis défiler dans les rues des villes libyennes et dire leur rejet de ces instances qui se basent d’emblée sur leur mépris et leur mise à l’écart ».

M. Mouloudj