Dans notre édition de mercredi dernier, notre journal a consacré un article à la situation des handicapés à 100% de la wilaya de Tizi-Ouzou qui n’ont pas perçu leurs maigres pensions depuis…six mois. Dans notre travail, nous avons voulu attirer l’attention des pouvoirs publics, notamment les services de la Direction de l’action sociale de la wilaya de Tizi-Ouzou qui ont la charge de s’occuper de cette catégorie vulnérable, et nombreuse, de la société tout en essayant de comprendre, mais aussi de dénoncer, les retards qu’accusent ces mêmes services dans le versement de ces pensions. Face aux explications de la Direction de l’action sociale de la wilaya, qui impute ces retards aux problèmes des « procédures administratives qui tendent à être longues» et, aussi, aux services communaux des municipalités de la wilaya concernés, celles-ci n’ont pas manqué de réagir, notamment les APC de haute Kabylie, à ce qu’elles ont considéré à l’unanimité comme « une fuite en avant de ce responsable de la DAS de Tizi-Ouzou et une manière de se disculper sur le dos des APC».
En effet, des municipalités comme Beni Yenni, Yatafène ou Iboudrarène, dans la daïra de Beni Yenni ou encore la lointaine et montagneuse commune d’Akbil, dans la daïra de Aïn El Hammam, tout en réfutant catégoriquement les propos des responsables de la DAS, nous ont fait savoir qu’en ce qui les concernait, leurs « services sont à jour dans le versement des pesions des handicapés à 100% et aucun retard n’est enregistré à ce jour». Les responsables de ces communes, avec lesquels nous avons pris attache, nous ont déclaré être «disposés à nous donner les n° des mandats par lesquels ils ont effectué ces versements au mois d’octobre dernier», comme l’a déclaré le président de l’APC de Yatafène, dont la commune compte 52 handicapés. Même son de cloche au niveau des communes d’Iboudrarène, avec 80 handicapés, d’Akbil avec ses 72 handicapés ainsi que de la commune de Beni Yenni qui compte une cinquantaine de cette frange de la société. Les responsables de ces communes vont plus loin en expliquant que «l’argent des handicapés, comme celui du filet social, ne peut être utilisé à une autre fin et dès que les services de la DAS envoient les états, ils sont immédiatement, et prioritairement mandatés par les maires», dira pour sa part le maire d’Iboudrarène, expliquant aussi qu’au niveau des municipalités « les gestionnaires du social sont des éléments de la DAS détachés dans les communes et si retard il y a, la DAS doit régler ce problème avec son personnel propre à elle». Ainsi, chaque responsable cherche à se laver les mains de tous les désagréments causés à ces handicapés qui ont déjà du mal à faire face à tous leurs besoins spécifiques exigés par leur infirmité avec une pension de 4000 DA par mois, ils doivent aussi faire preuve de «patience» et supporter une longue attente pour la percevoir. Mais, quelque soit le responsable de cette situation, il est peut-être grand temps de s’occuper à chercher des solutions justes et équitables pour cette catégorie fragile et vulnérable de la société.
Nassim Zerouki
