A l’instar de toutes les communautés chrétiennes dans le monde, l’église protestante de Béjaïa a célébré avant-hier vendredi, la fête de la nativité célébrant le jour de naissance du Christ, dans une ambiance bon enfant et de dévotion religieuse. Commémorée habituellement le 25 décembre de chaque année, cette fête occupe une place importante dans la vie des croyants chrétiens. C’est la naissance de celui qui les a » délivrés de l’esclavage et du péché « .
Dans une salle des fêtes louée pour l’occasion, plus de 300 chrétiens de Béjaïa se sont rassemblés pour célébrer le jour de naissance de leur sauveur. » Le but de notre rencontre, aujourd’hui, c’est de nous rappeler la naissance du Messie, le sauveur que Dieu a donné comme solution pour sauver les peuples de leurs péchés.
La louange que nous élevons à Dieu est une réponse appropriée à son don « , a d’emblée annoncé Farid, l’un des responsables de l’église Tafat (lumière) de Béjaïa. Après un court moment de prière, une chorale d’enfants de cette église, présentée par son pasteur comme » l’église de l’Algérie de demain », a merveilleusement entonné un cantique racontant la naissance miraculeuse de Jésus Christ. Ensuite, c’était au tour de la chorale qui célèbre habituellement les messes hebdomadaires à l’église d’interpréter quelques chants spirituels et de conduire, ainsi, l’assemblée des fidèles dans l’adoration. Aux cris victorieux d’Alléluia, qui fusaient des quatre coins de la salle, se mêlaient des salves de youyous, qui semblaient déchirer le plafond de la bâtisse et le ciel de Béjaïa, lancées par des femmes à la foi fervente. Vers midi, un autre serviteur de cette église est monté sur l’estrade pour apporter à l’assistance » la nourriture spirituelle « . La prédication d’Athmane porta sur » le plan du salut que Dieu préparait depuis longtemps pour sauver l’humanité et qui s’est réalisé en la personne de Jésus « . » Le Christ est le bon berger ! « , n’a cessé de rappeler à son auditoire ce prédicateur à l’air audacieux. Après la pause casse-croûte, le temps est à l’animation. Des pièces théâtrales, en rapport avec la foi chrétienne, ont été présentées devant une assistance admirative.
L’on retiendra, particulièrement, la pièce qui raconte l’histoire d’une femme (Fatma) rejetée par sa famille et ses amis, et persécutée par son mari (Arezki) à cause de sa nouvelle foi chrétienne. Arezki, qui menace sa femme de ramener une autre épouse si elle ne renonce pas à sa foi, finira par se convertir ! Comment ? Un jour, il se rendra à l’église, muni d’un gourdin, pour chercher sa femme qui y va discrètement assister à la messe. Là il trouvera, étonné toute l’église en train de prier et d’intercéder en sa faveur. » Saisi par la grâce de Dieu et l’amour de ces chrétiens », Arezki tomba à genou, demanda pardon à Dieu et… à sa femme Fatma. » Dieu a chassé les ténèbres qui couvraient mes yeux ! « , confessera Arezki à sa femme. Omar, qui a interprété brillamment le rôle d’Arezki dans cette pièce théâtrale, nous dira, malheureusement, que beaucoup de femmes chrétiennes souffrent actuellement du rejet et du mépris à cause de leur conversion au christianisme. Cette fête s’est terminée par l’interprétation en chœurs, par toute l’assemblée qui brandissait l’emblème national, d’un chant en arabe intitulé » Netechafaâ wa nesseli ya Yassuâ El ghali » (Je prie et j’intercède, ô Jésus ! « . Un chant, célèbre dans toutes les églises algériennes, chanté par les fidèles pour invoquer la paix de Dieu sur Algérie.
A noter que cette célébration s’est déroulée en présence d’un élu de Béjaïa qui a répondu favorablement à l’invitation de la communauté protestante. Avant la collation et l’offrande des cadeaux de Noël aux bambins, qui se sont faites dans un esprit convivial et jovial, les croyants ont élevé une prière fervente d’intercession en faveur de la prospérité et de la paix en Algérie.
Boualem Slimani

