Le village de L’Hamam était, au début des années 90, une base arrière des hordes terroristes. C’est toute la région qui s’en souvient. Ses habitants ayant vécu dans la peur et souffert le martyr, l’ont fuit en 1996. Plus de dix ans après, les habitants du village avaient commencé à revenir. « Les autorités nous ont promis alors de faire en sorte à ce que notre village ait sa part de développement, du moins un minimum d’infrastructures de base », nous raconte Salah, l’un des habitants. Aujourd’hui, « rien n’a été fait. Nous continuons, comme avant, de vivre dans les même conditions, voir de plus pénibles », dira un autre habitant. Ce village accuse en effet un énorme retard. Les citoyens vivent encore de la vente du bois ou de la maçonnerie. Les élèves du village, des plus brillants dans la région, se voient dans leur majorité interrompre leurs études à partir du secondaire. Et pour cause, faire la navette, en aller et retour, vers le lycée d’Ath Leqsar, à une distance de plus de 80 km, est pratiquement impossible quand on sait qu’il n’existe guère de moyens de transport. « Depuis que l’internat du lycée Mohamed Boudiaf d’Ath Leqsar ne fonctionne plus, c’est vraiment la galère pour nos enfants scolarisés », nous dira Salah. Alors qu’une route de 13 km, reliant Thiliwa, village relevant de la commune d’Ath Leqsar, à Hemam Kssana a été réalisée depuis peu de temps, un tronçon de 1700 mètres serait suffisant pour relier L’Hamam à cette route. Pourtant, au cours de l’une des visites du wali à la région, et à une question que lui avait posée un jeune habitant du village à propos de ce raccourci, le premier responsable aurait répondu « mais vous ne voyez pas, nous avons réalisé une route de 13 km, ce n’est donc pas un problème pour un 1,7 km ». Cependant, cette route attend toujours sa réalisation… Que des promesses !
L. M.

