Les distributeurs de lait en sachet, exerçant dans la wilaya de Béjaïa, en grève depuis une dizaine de jours, ont repris, mardi, leur activité après que les assurances qui leur ont été données quant à la prise en charge de certaines de leurs doléances, a-t-on appris. L’accord essentiel, intervenu avec les administrations des impôts et du commerce, s’articule autour de la remise au goût du jour d’une convention datant du début de la décennie 2000, liant l’Office régional du lait (ORLAC) aux distributeurs, notamment dans ses dispositions inhérentes au système de facturation mensuelle, alors en vigueur. En effet, les uns et les autres se sont entendus sur l’éventualité d’abroger l’exigence administrative portant sur l’établissement quotidienne, par les distributeurs, de factures sur leurs ventes, selon le coordinateur de l’Union Générale des Commerçants et Artisans Algériens (UGCAA), Samir Mamasse. La procédure, jugée « fastidieuse » et « lourde », sera remplacée par des conventions directes avec les transformateurs, avec à charge pour les distributeurs « de fournir, individuellement et préalablement, un état de leur client, d’identifier clairement leur zone d’intervention ainsi que l’itinéraire retenu pour ce faire », a-t-il encore expliqué. L’avantage qui en découle est que, autant pour la direction du commerce que celle des impôts, il sera possible de « vérifier les quantités écoulées à tout moment. Le contrôle pouvant s’opérer, à priori et/ou à posteriori, mais directement à la source », a-t-il relevé. Autre sujet de discorde, la marge bénéficiaire accordée à la corporation, jugée insuffisante. Dans l’impossibilité de la réviser, le lait étant un produit subventionné donc ne pouvant subir de nouvelles modifications, il a été entendu de sensibiliser les transformateurs, non pas sur la possibilité d’améliorer leur marge (0,75 DA/litre) mais d’aider à payer une partie de ce qui est communément appelé « déchet », en l’occurrence les sachets invendus pour cause de dégradation. L’expérience étant déjà mise à l’épreuve par la laiterie Giplait d’Amizour qui prend en charge 2% des avaries des distributeurs, selon M. Mamasse.
Quoi qu’il en soit, le retour à l’activité a été salué par la population, mise à rude épreuve par cette grève. Faute de lait en sachet, les consommateurs se sont rabattus sur le lait en poudre et celui conditionné en tétra pack, nettement plus coûteux.
